V. — DOCTEURS DE L EGLISE AU QUATRIEME SIECLE
D. Quels sont les principaux docteurs que Dieu suscita dans le quatrième siècle, pour éclairer et soutenir son Égiise?
R. Dieu suscita d'abord saint Athanase, évêque d'Alexandrie, qui fut pendant une longue vie le fléau de l'arianisme et le principal rempart de la foi catholique dans l'Église d'Orient. Saint Hilaire, évêque de Poitiers, rivalisa avec lui de lumières, de zèle et de fermeté, soit pour combattre l'hérésie, soit pour repousser les prétentions des empereurs à décider euxmêmes les questions religieuses. Après ces deux grands docteurs, l'Église en eut quatre autres également célèbres : 1° saint Ambroise , évêque de Milan , qui, avec saint Hilaire, empêcha l'arianisme de s'établir en Occident; il défendit aussi la liberté de l'Église contre les empereurs, et il convertit saint Augustin;
2° saint Jean Chrysostome , évêque de Constantinople , célèbre par son éloquence et par son zèle apostolique, qui lui valut la gloire d'être persécuté et envoyé en exil par l'impératrice Eudoxie; 3° saint Basile, évêque de Césarée en Cappadoce , et 4° saint Grégoire de Nazianze, dont les vertus et les travaux contribuèrent beaucoup à la chute de l'arianisme dans l'Orient.
D. Faites-nous connaître plus particulièrement saint Basile et saint Grégoire de Nazianze.
R. Ces deux saints étaient étroitement unis. Leur amitié avait commencé dès le temps qu'ils faisaient ensemble leurs études à Athènes. C'est saint Grégoire lui-même qui va nous apprendre ce qui y donna lieu.
« Nous avions, dit-il, tous deux le même but, et « ce but était la vertu. Nous nous servions mutuel- « lement de surveillants, en nous exhortant l'un « l'autre à la piété. Nous n'avions aucun commerce « avec ceux de nos compagnons qui paraissaient peu « réglés; et nous ne fréquentions que ceux qui, « par leur modestie et leur sagesse, pouvaient nous « soutenir dans la pratique du bien. Nous ne con- « naissions à Athènes que deux chemins, celui de « l'église et celui des écoles ; pour ceux qui conduite saient aux assemblées profanes , nous les ignorions « absolument. » Quels plus beaux modèles à proposer aux jeunes gens que ces deux saints? Heureux ceux qui , dans un âge encore tendre , ne forment de liaisons que pour s'exciter à la vertu, et qui comprennent de bonne heure la vanité des plaisirs et des amusements que le monde leur présente !
VI. — HÉRÉSIE DE MACÉDONIUS — CONCILE DE CON- STANT1NOPLE. — PÉNITENCE DE THÉODOSE LE GRAND.
D. En quoi consistait l'hérésie de Macédonius, et comment fut-elle condamnée?
R. Du sein de l'arianisme s'était élevée une autre hérésie, qui attaquait la divinité du Saint-Esprit: elle avait pour chef un nommé .Macédonius, qui s'était emparé du siège de Constantinople. Lorsque les Ariens commencèrent à déchoir, les Macédoniens prirent faveur. Leur extérieur était grave, et leur vie austère : sous cette apparence de piété, ils s'étendirent et se firent bien des partisans. Mais Théodose, prince également grand par sa piété et par ses exploits, opposa une digue à l'erreur. Il commença par publier une loi dans laquelle il désigna la communion avec l'Église romaine comme une marque sûre de catholicité. Puis, pour achever de fermer la bouche aux hérétiques, il invita tous les évêques d'Orient à se rendre à Constantinople. L'ouverture du concile se fit avec beaucoup de solennité. On essaya d'abord de ramener les Macédoniens à la foi; mais ils refusèrent opiniâtrement, et se retirèrent du concile, qui alors les traita comme des hérétiques déclarés. On confirma le Symbole du concile de Nicée, et Ton y ajouta les paroles qui regardent la divinité du Saint -2sprit. Théodose reçut cette décision comme sortie de la bouche de Dieu même , et publia une loi pour appuyer les décrets du concile. Celle assemblée n'avait été composée que des évêques d'Orient; mais l'approbation que le Pape lui donna, fit reconnaître le concile comme œcuménique (381).
D. Quelle faute commit l'empereur Théodose, et quelle lut sa pénitence ?
R. Le peuple de Thessalonique, s'étant révolté
contre le gouverneur, l'avait massacré avec plusieurs officiers. A cette nouvelle , l'empereur Théodose commit la faute de se laisser aller aux premiers transports de sa colère : il ordonna sur-le-champ de passer au fil de l'épée tous les habitants de la ville. Sept mille furent mis à mort dans le cirque. Quelques jours après, l'empereur voulut assister à l'office divin dans l'église de Milan; mais saint Ambroise, l'arrêtant sur le seuil, lui interdit l'entrée du lieu saint. Comme l'empereur cherchait à se justifier par l'exemple de David coupable d'adultère et d'homicide, saint Ambroise lui répondit : Puisque vous avez imité sa faute, imitez sa pénitence. Au bout de huit mois, le jour de Noël, Théodose le Grand fut admis à la pénitence publique, et il donna des marques si touchantes de son repentir, que saint Ambroise consentit enfin à lever l'excommunication. Ce pieux empereur eut la gloire de publier les édits qui achevèrent de ruiner l'idolâtrie.