‹ Histoire ecclésiastique A. M. D. GChapitre 16 sur 56 · VI. — LE POUVOIR TEMPOREL DES PAPES. — PÉPIN ET CHARLEMAGN'E · texte numérisé non relu

VI. — LE POUVOIR TEMPOREL DES PAPES. — PÉPIN ET CHARLEMAGN'E

D. Le fils de Charles Martel n'eut -il pas aussi la gloire de rendre un grand service à l'Église?

R. Le fils de Charles Martel, Pépin le Bref, sacré roi des Francs par saint Boniface, ne se borna point, comme son père, à protéger les missionnaires et à combattre les infidèles ; il eut encore la gloire d'être choisi de Dieu pour assurer le pouvoir temporel et l'indépendance des Papes. Les Romains, persécutés par l'empereur Léon l'Isaurien, lui avaient refusé obéissance plutôt que d'accepter son hérésie, et ils avaient confié au Souverain Pontife le soin de les gouverner. Le pape Etienne II gouvernait en paix la ville de Rome et plusieurs villes voisines , lorsqu'il se vit attaqué par l'ambitieux Astolphe , roi des Lombards. Au nom de saint Pierre, prince des Apôtres, il appela à son secours le roi de France , qu'il honorait du titre de roi très-chrétien. Pépin s'empressa de franchir les Alpes , à la tête d'une nombreuse armée : il battit Astolphe, qui consentit à lui céder la province de Ravenne qu'il avait conquise sur les Grecs, et à rendre au Saint-Siège toutes les villes qu'il lui avait enlevées. Pépin donna à Etienne II la province de Ravenne, qui forma dès lors , avec le duché de Rome, les États de l'Église : il fit déposer solennellement sur

le tombeau de saint Pierre Pacte de donation à perpétuité et les clefs de toutes les -villes abandonnées par les Lombards. Ainsi fut affermie et définitivement constituée la souveraineté temporelle des Papes , Tan 755. Il entrait dans les desseins de Dieu qu'elle servît désormais de garantie au libre et plein exercice de la souveraineté spirituelle. Si le Vicaire de Jésus-Christ était sujet de quelque prince, il manquerait de l'indépendance qui lui est nécessaire, au milieu des erreurs et des passions humaines, pour proclamer les droits sacrés de la vérité , maintenir les lois inflexibles de la morale , et diriger les consciences dans tout l'univers chrétien.

D. Quels services Charlemagne rendit-il- à l'Église?

R. Charlemagne, fils et successeur de Pépin le Bref, passa en Italie pour y défendre le Saint-Siège contre le dernier roi des Lombards, qui menaçait la ville de Rome. L'ayant vaincu et détrôné , il restitua au Souverain Pontife tout ce qu'il avait perdu; il lui assura même la possession de plusieurs autres villes ou territoires mentionnés dans un nouvel acte de donation qu'il signa de sa main , et qu'il déposa lui-même sur le tombeau de saint Pierre (774). Ce grand prince employa constamment sa puissance à étendre le royaume de Jésus-Christ. Il conquit sur les Sarrasins une partie de l'Espagne; il réprima les entreprises des Saxons, peuple païen, qu'il dompta après une guerre de trente ans, et qu'il amena enfin à la connaissance de l'Évangile. Il aida les évoques à rétablir la discipline ecclésiastique , et fonda en Germanie un grand nombre d'évêchés.

D. Que fit Charlemagne pour l'étude des lettres?

R. Charlemagne, qui savait combien l'ignorance peut être funeste à la Religion, entreprit de relever l'étude des lettres, fort négligée en France depuis longtemps : il n'y avait plus ni maîtres, ni écoles pu-

bliques. En conséquence, il attira dans ses États, par des bienfaits, les hommes les plus instruits des pays étrangers, et leur donna des écoles publiques dans les principales villes et dans les plus grandes abbayes du royaume. Il en établit une dans l'enceinte même de son palais; et ce grand monarque, pour donner l'exemple de l'application , ne rougissait pas de descendre quelquefois de son trône et de prendre le rang de disciple avec les jeunes princes ses enfants.

QUATRIÈME ÉPOQUE

Depuis le couronnement de Charlemagne jusqu'à la prédication de la première croisade, de l'an 800 à l'an 109o durée, 295 ans.

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