‹ Histoire ecclésiastique A. M. D. GChapitre 30 sur 56 · VI. — HÉRÉSIE DE ZWIKGLE. — HÉRÉSIE DE CALVIN · texte numérisé non relu

VI. — HÉRÉSIE DE ZWIKGLE. — HÉRÉSIE DE CALVIN

D. La Suisse n'eut-elle pas aussi son hérésiarque?

R. En même temps que Luther, Zwingle, curé de Zurich, se mit à déclamer contre les indulgences, et il en vint bientôt à n'admettre d'autre règle de foi que l'Écriture. Il fut le premier réformateur qui osa nier la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie , et cette doctrine impie , il prétendit l'avoir reçue en songe d'un personnage mystérieux, que Luther affirmait ne pouvoir être que le diable en personne. Les deux hérésiarques eurent un colloque célèbre , dans lequel on les vit disputer, à table et le verre à la main, sur l'auguste Sacrement de l'autel; et ils finirent par échanger les injures les plus grossières, se qualifiant l'un l'autre de suppôts de Satan. Mais une querelle plus tragique et plus déplorable, ce fut celle que l'hérésie fit alors éclater entre les cantons suisses qui avaient toujours vécu en paix. A la suite d'une guerre acharnée, les Catholiques eurent l'avantage, et l'apôtre de la prétendue Religion évangélique, pour avoir voulu se servir de l'épée, périt par l'épée sur le champ de bataille (1531). Ses disciples trouvèrent bientôt un chef plus célèbre.

D. Quel fut le réformateur le plus célèbre après Luther?

R. Lorsque Luther eut donaé l'exemple du mépris

pour l'autorité de l'Église, il s'éleva plusieurs autres réformateurs, dont le plus célèbre fut Calvin. Calvin était Français; ses parents l'avaient destiné à l'Église: mais, jeune encore, il s'était préparé à l'attaquer, en suçant secrètement le poison de l'erreur dans les écrits et la conversation des hérétiques. Son livre de Ylnstitution chrétienne fit sa réputation de novateur (1535). D'une humeur sombre et farouche, il enchérit encore sur Luther, en osant enseigner cette horrible proposition : « Dieu a créé la plupart des hommes pour les damner, non à cause de leurs crimes, mais parce qu'il lui plaît ainsi. » Comme Zwingle, Calvin rejeta la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Il ne voulait ni Pape, niévêques, ni prêtres, ni fêtes, ni aucune des cérémonies saintes usitées dans l'Église. C'était ce qu'il appelait rétablir le christianisme primitif.

D. Où Calvin fixa-t-il sa résidence?

R. Calvin, après plusieurs courses, alla fixer sa résidence à Genève, dont il fit comme le centre de la secte appelée de son nom Calvinisme. Son pouvoir y était absolu et tyrannique. Cet homme, qui prêchait qu'on ne devait pas écouter l'Église, ni lui obéir, exigeait des autres une soumission aveugle pour tout ce qu'il lui plaisait de décider. Il interdit sous des peines ses ères les jeux les plus innocents, même le jeu de quilles, et il soudoyait des espions pour lui dénoncer les coupables. Il fit brûler vif le médecin Michel Servet, qui avait avancé des erreurs sur le mystère de la sainte Trinité; et cependant il déclamait avec fureur contre la juste sévérité dont on usait en France contre les hérétiques. C'est ainsi que l'iniquité se contredit elle-même.

D. Dans quels pays se répandit le calvinisme?

R. De Genève, surnommée la Rome protestante, l'hérésie de Calvin se répandit en Suisse, dans une

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partie de la France et dans les Pays-Bas; elle passa la mer pour infecter l'Ecosse et pénétrer en Angleterre, Partout elle causa des maux infinis, et laissa des plaies si profondes, que plus de trois siècles n'ont point encore suffi à les guérir.

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