‹ Histoire ecclésiastique A. M. D. GChapitre 31 sur 56 · VII. — LE SCHISME ET L'HÉRÉSIE EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

VII. — LE SCHISME ET L'HÉRÉSIE EN ANGLETERRE

D. Quelle fut la cause du schisme en Angleterre?

R. Henri VIII, roi d'Angleterre, ayant conçu une passion coupable pour Anne de Boulen , désira l'épouser, et il entreprit de répudier la reine sa femme. Le Souverain Pontife examina les raisons qu'il alléguait pour faire annuler son premier mariage; il jugea qu'elles n'étaient pas fondées , et il refusa de séparer ce que Dieu avait uni. Alors ce prince passionné se livra à son ressentiment : il ne voulut plus reconnaître l'autorité du Souverain Pontife, et se fit déclarer luimême chef suprême de l'Église anglicane (1534). Son chancelier, Thomas Morus, l'un des hommes les plus savants et les plus vertueux qu'il y eût alors, refusa de prêter serment à sa suprématie spirituelle, et il fut condamné à périr sur l'échafaud. Une foule d'autres catholiques eurent le même courage, et éprouvèrent le même sort. Saint Thomas de Cantorbéry fut cité en justice et condamné au feu pour n'avoir pas comparu : on brûla ses reliques, et Henri VIII confisqua sa châsse. L'avarice du monarque et la dissolution de ses mœurs allaient de pair avec sa cruauté , qui coûta la vie à plus de soixante mille Anglais. Telle fut la honteuse origine d'un schisme si funeste à l'Église.

D. L'Angleterre resta-t-elle schismatique?

R. Une fois séparée du centre de l'unité, l'Angle-

terre courait risque de tomber dans l'hérésie, et ce fut ce qui arriva sous Edouard VI, fils et sucesseur de Henri VIII. Marie, sa fille légitime, rétablit pour quelques années la foi catholique. Mais Elisabeth, fille qu'il avait eue d'Anne de Boulen, replongea ce malheureux royaume dans l'hérésie. Cette reine ambitieuse consomma la rupture avec Rome, et elle usa de son prétendu droit de suprématie spirituelle pour établir Y Église anglicane, ou Haute Église, qui emprunta au catholicisme sa liturgie et sa hiérarchie épiscopale; mais sa doctrine fut celle de Calvin (156v2 . Depuis ce temps , l'Angleterre protestante devint l'ennemie la plus acharnée de la foi catholique. Centre et foyer de toutes les erreurs, elle ne cessa d'être en proie au fanatisme des sectaires, et elle enfanta deux révolutions en quarante ans. C'est de son sein que sortirent les premiers apôtres de cette impiété frénétique qui, usurpant le nom de philosophie, a fait tant de ravages en France et dans presque toute l'Europe.

SEPTIÈME ÉPOQUE

Depuis la fin du concile de Trente jusqu'à la Révolution irançaise, de l'an 1563 à l'an 1789 : durée, 226 ans.

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