‹ Histoire ecclésiastique A. M. D. GChapitre 32 sur 56 · I. — CONCILE DE TRENTE · texte numérisé non relu

I. — CONCILE DE TRENTE

D. Quel remède l'Église opposa-t-elle aux progrès des nouvelles hérésies?

R. Pour mettre des bornes aux progrès de l'hérésie, on crut devoir assembler un concile général, qui fut le

dix -huitième (15-45). Les protestants eux-mêmes en avaient demandé la convocation. On le tint à Trente, et ils y furent invités; mais ils ne voulurent ni s'y rendre ni se soumettre à ses décisions. Ce fut alors qu'ils entreprirent la guerre contre l'empereur Charles- Quint, et le concile se vit dans la nécessité d'interrompre ses travaux , qui ne furent terminés qu'au bout de dix-huit ans (1563). L'assemblée frappa d'anathème toutes les erreurs de la prétendue Réforme. On y proclama l'autorité de la tradition catholique aussi bien que de l'Écriture sainte, l'infaillibilité de l'Église, la primauté de saint Pierre et de ses successeurs, l'utilité des indulgences et des bonnes œuvres, l'efficacité des sept sacrements, et tous les autres articles de la foi catholique.

D. Le concile ne fit-il pas des réformes?

R. L'Église a reçu de Jésus- Christ la mission de faire elle-même des réformes utiles, non pas dans sa doctrine, qui vient de Dieu et reste toujours la même, mais dans sa discipline, qu'elle peut accommoder aux besoins des temps. Aussi le concile publia-t-il un grand nombre de décrets qui introduisirent de sages réformes dans le gouvernement de l'Église, dans la formation du clergé, dans l'instruction et les mœurs des simples fidèles.

D. Quelle fut l'influence du concile de Trente?

R. Ce saint et savant concile exerça une influence aussi funeste à l'hérésie qu'utile à l'Eglise. En précisant la doctrine catholique, il convainquit les protestants d'avoir rejeté des croyances admises depuis plus de quinze siècles. Ce fut en vain qu'ils essayèrent de remonter jusqu'aux Apôtres, en se donnant pour ancêtres les Hussites, les Albigeois et autres hérétiques. Ces hérétiques n'avaient point tous admis les mêmes erreurs, et le protestantisme lui-même se divisait en plusieurs sectes rivales, qui n'avaient de commun que

leur haine acharnée contre la vraie Religion. L'expérience avait d'ailleurs démontré que, sous prétexte de corriger des abus, la prétendue Réforme en avait produit de désastreux. Mais l'Église, éclairée et ranimée par l'esprit du concile , fut bientôt en état de guérir ses plaies, de réparer ses pertes, et de prouver au monde, en face du protestantisme impuissant, que la véritable Épouse de Jésus-Christ avait su conserver la perfection, la vigueur et la fécondité des premiers siècles.

III. — LES SAINTS ET LES ORDRES RELIGIEUX DU XVIe SIÈCLE. — LES HISSIONS : SAINT FRANÇOIS XAVIER.

D. Y eut-il des saints dans l'Église au xvr3 siècle?

R. L'Église seule a le privilège de faire des saints, et Dieu permit qu'au xvr3 siècle elle en produisît un grand nombre, qui secondèrent avec succès l'œuvre du concile de Trenle. Saint Charles Borromée, archevêque de Milan, fut le premier à exécuter les décrets du concile pour la réforme du clergé. Plusieurs évêques s'appliquèrent à imiter son zèle et les sages règlements qu'il avait donnés aux séminaires de son diocèse. Pour fournir au clergé d'utiles auxiliaires , et à toute l'Église l'exemple de la perfection évangélique, on voyait se former de nouvelles familles religieuses : les Carmes déchaussés , avec saint Jean de la Croix, et les Carmélites , avec sainte Thérèse; les Ursulinës f avec sainte Angèle de Brescia; la congrégation de l'Oratoire, fondée à Rome par saint Philippe de Néri. Saint Ignace de Loyola avait déjà fondé à Paris la Compagnie de Jésus, qui donnait à la jeunesse chrétienne deux patrons et deux modèles, saint Stanislas Kostka et saint Loui? de Genzaguc; à l'Allemagne,

un défenseur zélé contre l'hérésie, le bienheureux Canisius; et aux Indes, le plus illustre de3 missionnaires, saint François Xavier.

D. Comment l'Église répara-t-elle les pertes qu'elle venait de faire en Europe ?

R. Pour réparer les pertes de l'Église, Dieu suscita saint François Xavier, destiné à fournir le modèle de toutes les vertus apostoliques au milieu des peuples idolâtres. Xavier, noble navarrais , enseignait la philosophie dans l'Université de Paris, lorsque saint Ignace de Loyola, le désabusant des vanités du monde , en fit l'un de ses premiers disciples et le digne instrument de la gloire de Dieu. Ayant été choisi pour porter l'Évangile aux Indes orientales , le saint missionnaire déploya d'abord un zèle prodigieux dans la ville de Goa, capitale des Portugais dans l'Inde; puis il parcourut de vastes contrées où l'on n'avait encore aucune connaissance de Jésus -Christ. Partout il opéra des conversions innombrables. Les temples des idoles furent détruits , et en leurs places s'élevèrent de tous côtés des églises consacrées au vrai Dieu.

D. Saint François Xavier se borna-t-il à convertir les Indes?

R. Après avoir converti les Indes , soit par lui-même, soit par ses compagnons, saint François Xavier, toujours avide de conquêtes spirituelles, s'embarqua pour les îles du Japon, et il fut le premier à y prêcher l'Évangile. L'austérité de sa vie, la force de ses prédications et l'éclat de ses miracles, attirèrent à la foi un grand nombre de Japonais. Ces nouveaux disciples de Jésus-Christ retraçaient l'image de toutes les vertus du premier âge de l'Église. Le saint Apôtre leur laissa des ministres zélés ," et s'embarqua pour porter en Chine le flambeau de la foi. Il allait pénétrer dans ce vaste empire, lorsqu'il succomba à ses fatigues près de Macao (1552). On rapporta son corps à Goa, et

Dieu glorifia par de nombreux miracles le tombeau de ce serviteur infatigable, qui, en dix ans, avait établi le Christianisme dans cinquante -deux royaumes, et baptisé de sa main plus de onze cent mille idolâtres.

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