‹ Histoire ecclésiastique A. M. D. GChapitre 36 sur 56 · SIÈCLE · texte numérisé non relu

SIÈCLE

D. Quelles furent les causes premières de l'incrédulité au xvme siècle?

R. Les causes premières de l'incrédulité furent l'orgueil de l'esprit et la corruption du cceur, qui n'avaient cessé de se développer sous l'influence des funestes doctrines de Luther, de Calvin et des autres prétendus réformateurs. Tous les novateurs modernes, enchérissant les uns sur les autres, rejetèrent suc-

cessivement tous les dogmes qui étonnaient leur raison, et tous les préceptes qui gênaient leurs passions. Ce fut en Angleterre que l'esprit d'irréligion se développa d'abord; bientôt après il se propagea en France , et de là se répandit dans toute l'Europe.

D. Comment le protestantisme produisit-il l'esprit d'irréligion ?

R. Après que les protestants eurent secoué le joug de l'obéissance qui est due à l'Église, la raison humaine devint chez eux l'unique juge de la foi. Ce faux principe devait les conduire aux derniers excès; et c'est ce qui arriva. Bientôt des esprits orgueilleux refusèrent de croire ce qu'ils ne comprenaient pas, et rejetèrent les mystères de la Religion; c'est ce que firent les Sociniens. Le premier pas une fois fait, on alla jusqu'à combattre la révélation elle-même; c'est ce que firent les déistes. On alla ensuite jusqu'à révoquer en doute, jusqu'à nier les vérités les plus claires et les plus consolantes, la liberté, la spiritualité, l'immortalité de l'âme, la justice, la providence, l'existence même d'un Dieu créateur et conservateur du monde ; c'est ce que firent les matérialistes et les athées. Tels furent les hommes qui se décorèrent du titre fastueux de Philosophes.

D. Comment le jansénisme contribua-t-il au progrès de l'incrédulité?

R. Il y contribua, soit par l'habitude qu'il propagea de ne plus fréquenter les sacrements, soit par la manière dont il défendit ses erreurs. Les faux miracles que ses partisans avaient forgés pour séduire les simples, servirent de prétexte à l'incrédulité naissante, pour décrier les vrais miracles sur lesquels est fondée la Religion. Les déclamations de ces sectaires contre les Souverains Pontifes et les évêques avilirent l'autorité ecclésiastique aux yeux des peuples , toujours prêts à juger sans examen. Condamnés par les

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premiers pasteurs, les Jansénistes invoquèrent contre eux l'autorité séculière ; et dès lors les parlements s'arrogèrent le droit de poursuivre les évêques qui se distinguaient par leur zèle contre l'erreur ; ils en vinrent jusqu'à faire brûler leurs instructions pastorales par la main du bourreau.

D. Quel évèque se signala à cette époque par son zèle à défendre la foi ?

R. De tous les évêques qui furent persécutés alors, aucun ne montra plus de fermeté que l'illustre Christophe de Beaumont , archevêque de Paris (4757). Sans cesse attaqué par le parlement, souvent menacé, dépouillé, exilé, il ne cessa d'élever la voix contre les entreprises de l'hérésie et de l'impiété, et mérita d'être surnommé VAthanase de la France.

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