‹ Histoire ecclésiastique A. M. D. GChapitre 37 sur 56 · VIII. — SUPPRESSION DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS · texte numérisé non relu

VIII. — SUPPRESSION DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS

D. Quel était, après le corps des premiers pasteurs, le principal obstacle aux progrès de l'irréligion, et comment réussit-on à le renverser?

R. Un grand obstacle aux progrès de l'irréligion . c'était la Compagnie de Jésus , dont les ennemis de TÉglise romaine, tant jansénistes que philosophes, redoutaient le zèle et les talents. On travailla donc à sa destruction, Le philosophe d'Alembert l'avoue luimême, en parlant de l'arrêt du parlement qui supprima la Compagnie en France. « C'est proprement, dit -il. la philosophie qui, par la bouche des magistrats, a porté l'arrêt contre les Jésuites; le jansénismc n'en a été que le solliciteur. » C'est aussi la remarque du pape Clément XIII dans un bref adressé à Louis XV : « Il y a longtemps que les ennemis de notre sainte

Religion ont eu pour objet la destruction de ces religieux; ils l'ont regardée comme absolument nécessaire aux succès de leurs complots. »

Ces complots remportèrent sur les réclamations de Clément, XIII et des évèques de tous les pays catholiques. Les cours de France, d'Espagne, de Naples et de Portugal proscrivirent la Compagnie de Jésus. Parmi ses membres, qui étaient au nombre de plus de vingt mille, les uns se consacraient, dans les collèges, à l'éducation de la jeunesse; les autres, par leurs talents et par leurs ouvrages, faisaient la gloire des lettres aussi bien que de la Religion; ceux-ci, parcourant les villes et les campagnes , ressuscitaient partout l'esprit de pénitence et de ferveur; ceux-là, répandus parmi les nations idolâtres de l'Asie et de l'Amérique, arrosaient ces contrées lointaines de leurs sueurs et de leur sang. Tous ces religieux, sans exception , furent proscrits; tous éprouvèrent de la part des persécuteurs les traitements réservés aux plus insignes criminels. Mais la patience avec laquelle les Jésuites souffrirent de si indignes traitements confirma , aux yeux même de leurs ennemis , les apologies qui parurent en leur faveur. Après la suppression de leur ordre par Clément XIV (1773), ils trouvèrent asile dans les États d'un roi hérétique et d'une impératrice schismalique.

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