‹ Histoire ecclésiastique A. M. D. GChapitre 9 sur 56 · III. — HÉRÉSIE D'ARIUS. — CONCILE DE NICÉE. — FORMULE DE RIMINI · texte numérisé non relu

III. — HÉRÉSIE D'ARIUS. — CONCILE DE NICÉE. — FORMULE DE RIMINI

D. Quelles nouvelles attaques le démon forma-t-il contre l'Église, lorsqu'elle eut triomphé des persécutions?

R. Le démon, voyant les idoles renversées, essaya de troubler l'Église par un grand nombre de schismes et d'hérésies, qui ne cessèrent de la déchirer pendant plus de quatre cents ans; mais en lui livrant de nouveaux combats, le démon lui fournit la matière de nouveaux triomphes.

D. Ed quoi consistait l'hérésie d'Anus?

R. Arius, prêtre d'Alexandrie, attaqua la divinité. de Jésus -Christ, en prétendant que le Fils de Dieu n'était pas égal à son 1ère. Cette doctrine, inconnue jusqu'alors, causa un grand scandale : on la repoussa avec horreur; on cria à l'impiété, au blasphème. Arius néanmoins trouva des partisans.

D. Comment l'hérésie d'Arius fut-elle condamnée?

R. L'empereur Constantin, averti des progrès de la nouvelle hérésie, résolut, par le conseil des évêques, d'assembler un concile œcuménique, c'est-à-dire composé d'évêques représentant l'Église universelle. Bientôt les évêques se trouvèrent réunis à Nicée au nombre de trois cent dix- huit, présidés par Osius, évêque de Cordoue, légat du pape saint Sylvestre. Jamais assemblée ne fut plus vénérable : plusieurs de ceux qui la composaient étaient des saints illustres , et portaient encore les cicatrices des plaies qu'ils avaient reçues pour la foi dans la dernière persécution.

Le jour de la séance publique étant arrivé, tous les évêques se rendirent dans la grande salle , où Constantin entra lui-même le dernier, en donnant les plus grandes marques de respect pour cette auguste assemblée. On fit paraître Arius, qui osa avancer et soutenir ses blasphèmes en présence du concile; tous les Pères en eurent horreur et se bouchèrent les oreilles. D'après le témoignage de l'Écriture et de la tradition, il fut déclaré que Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, est égal à son Père; qu'il est Dieu lui-même, et qu'il a une même nature, une même substance avec son Père. Ce dogme fut exprimé par le mot consubslanliel, qui devint la marque distinctive des Catholiques. On dressa ensuite une profession de foi solennelle, qui est si connue sous le nom de Symbole de Nicée. Les évoques prononcèrent anathèuie contre

Àrius. En vertu de ce jugement, l'empereur condamna cet impie et ses partisans à l'exil. Telle fut la conclusion de cette célèbre assemblée, dont la mémoire a toujours été en vénération dans l'Église (325).

D. Les Ariens se soumirent-ils au jugement qui condamnait leurs erreurs?

R. Le caractère particulier de l'hérésie, c'est le mensonge et l'obstination. Les Ariens, confondus, eurent recours à la ruse; ils feignirent d'admettre la foi de Nicée, et obtinrent ainsi d'être rappelés de leur exil. Ensuite ils travaillèrent à prévenir l'empereur contre les évêques catholiques. L'évêque d'Alexandrie, saint Athanase, était leur plus redoutable adversaire. Ils parvinrent à le faire chasser de son église, et y établirent à main armée un intrus, qui se signala par ses violences et ses cruautés contre les Catholiques (341).

Constance, fils et successeur de Constantin, s'était livré aux Ariens ; il entreprit de les faire triompher, et, dans ce dessein, il assembla un concile à Rimini. Tant que les évêques furent libres, ils déclarèrent qu'il fallait s'en tenir à la foi de Nicée , et anathématisèrent l'arianisme. Mais l'empereur, mécontent de ce décret, envoya un de ses officiers qui, par ruses et par menaces, obligea les évêques à signer une formule de foi où ne se trouvait pas le mot consubstantieL Cette formule n'était point hérétique, mais elle n'exprimait pas suffisamment la foi de l'Église (359). Les Ariens en triomphèrent, comme si par là on eût adopté leur hérésie. Bientôt les évêques qui avaient souscrit la formule, ayant reconnu le mauvais sens que lui donnaient les Ariens, réclamèrent hautement, et protestèrent de leur attachement inviolable à la foi de Nicée. D'ailleurs, le pape saint Libère et tous les évêques répandus dans le monde chrétien s'élevèrent avec force contre ce scandale. Ainsi, ni les artifices,

ni les violences ne purent obscurcir la foi catholique, et la vérité prévalut sur le mensonge, malgré les efforts d'un prince livré à la faction arienne et armé en sa faveur.

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