II
272. 2173. Les autels (i) sont aussi anciens que les sacrifices. U est bien vraisemblable que les sacrifices d'Àbel et de Gain furent offerts sur quelque élévation ou de pierre ou de gazon. (Test de là, en effet, qu'est venu le nom d'autel. Enos consacra à Dieu des autels publics^ (a). Cet; usage bit continué par toute la terre jusqu'au déluge. Du moins est-il cei^tain qu'il passa à Noé et à sa famille. Toute la terre étoit propre à; rendre à Dieu le culte qu'il ayoit établi. Il n'avoit point fixé de lieu particulier. Ce qui fut cause qu'on lui érigea des autels , tantôt en rase campagne f tantôt sur les hauts lieux et tantôt dans les bois. Ces bois y qui étoient.édairés durant les assemblées y parce qu'elles se faisoient de nuit y prir«ntle nom de iuci (3). Une telle pratique étoit fondée sur la tradition qui avpit passé à Noé et à ses descendans. Il n'y eut y après la dispersion des peuples , de repréhensible en cet usage que ce que l'on y ajouta de contraire à la révélation, dont la conuoissance se perpétuoit de bouche en bouche. Les boîs y les lacs y les marais y les montagnes pou voient être désignés y par la^convention des hommes, pour représenter la présenœ particulière de I9 divinité. Des monceaux de pierres , des armes plantées sur des Ui|s, purent servir de centre de ralliement pour le service de la religion. Toutes ces choses ne coDtredisoient en aucune manière la religion révélée. On en conviendra pour peu qu'on l'ait suivie depuis son origine.
274* La consécration de ces mêmes autelj^ , par Içs libations et les onctions , fut pratiquée par Jacob. 11 n'employa cette cérémonie que parce qu'il Tavoit reçue de ses pères. Le serment solemnel que ce patriarche fit avec Laban sur le Mont Galaad à la face des autels ; le festin qu'il lui donna, et à sa famille, après le sacrifice , étoient une suite de ce que Top avoit fait dans les siècles précédens ^ ou du moins il savoit que tout cela éloit avoué par la religion.
1275. Les lieu^ consacrés au culte de Dieu portèrent, dans les premiers temps , des noms qui le représentoient ou quelqu'un de ses attributs. Par ce moyen , on se rappeloit plus aîsémçnt à l'esprit la divinité , ou les
(1) Il paroUque le mot latin aUare , auul , sacré à quelque divinité. Us avoient emprunté Tient du celtique aUl » haute y et d'ar , pierre, ce terme du celtique llfig , lumière , parce que
(2) Gen. c. 4. ?. 26. ces bois étoient illuminés durant ces actes de
(3) Les Latins appeloient iiiciis on bois con* religion.
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bienfaits signales qu'elle avoit répandus; Ainsi Jacob nomme Bethel y ou séjour ds Dieu , le lieu où le Seigneiir lui avoit apparu. Ainsi les Gaulois donnèrent au lieu des assemblées religieuses le nom de Teutatès \ qui veut dire : père des hommes ; ou celui à'Esus , qui signifie seigneur. Ces idées communes à tous les peuplés de la terre n'avbient d'autre principe que les notions qu'ils avoient puisées dans la religion d'Adam.