INTRODUCTION. . XXXIII
dans le sens qu'ils avaient au xvii' siècle, pour ne pas juger Toustain un peu trop sévère contre lui-même. La vérité est que ce curieux prend tant de soin des choses qu'il ne lui reste pas le loisir de s'occuper des mots; ils s'arrangent comme ils veulent sous sa plume. Il afifectionne outre mesure les tournures latines, avec lesquelles il est très familier, et prend souvent les termes dans une acception rigoureusement étymologique dont notre langue ne s'est pas toujours accommodée \..
« Ne cherchez pas dans Toustain l'art délicat des transitions. C'est ce dont il se met le moins en peine. Les années se suivent sans interruption aucune, et se ressemblent en ce qu'elles produisent toutes une moisson plus ou moins abondante de chartes et de fondations mêlées de quelques événements publics.
« Le récit est bref et s'étend rarement jusqu'à l'ampleur de la description. Cependant des pages telles que le naufrage de la Blanche-Nef sur les récifs de Barfleur ou la relation du siège de Saint-Lo, en 1574, prouvent que l'auteur pouvait réussir en ce genre.
« Il ne tenait certainement qu'à lui de polir et d'orner son style. Il s'était préparé à écrire par de solides études. C'est un humaniste de la bonne époque ; il
^ Ihid., p. 27.