BU WOCÈSK J>£ COU?ANCE
a présidente m, Joannem Josian, Xoannetm Po^quet, « Henricum Castié, Joannem firelé et Hardorinum « Brefaier ', hujus praefatae ecdesiae raiwnioos, et fue- « ruât reposit» in h,ujus*nodi capsa de aoyo roparata « et in eadem capsa faerunt Joculis plmnbeis repositse « /et condite -die 21* mejasig ctecenabris 147.4. » Ce « fait, lesdites reliques restées o>nt été renfermées dans « le reliquaire où est la vraie croix et le chef .dudit « saint Lo et autres, attendu que mesdits sieurs veulent « faire réparer les fractures qu'il a fallu faire à Voûte verture de ladite châsse, et en témoignage de tout « ce que dessus, le présent procès-verbal a été fait et « signé de mesdits notaires capitulaires par leur coince mandement, et scellé des sceaux du chapitre et de « M. le doyen pour être délivré audit sieur de Cam- « pion, député dudit chapitre de Coutances, pour plus « ample témoignage de la vérité desdites reliques \ « Fait au chapitre dudit Saint-Lo les jour et an que <i dessus. Signé : Thiom , Le Royer, Davy, Paroisse , a René Pouvert. Par le commandement de mesdits a sieurs du chapitre dudit Saint-Lo, signé : Viguet », avec deux sceaux de cire rouge.
M. Campion tarda peu à Angers après son expédition, et étant de retour à Coutances, il rendit compte
* Le ras. M dispose et orthographie différemment ces noms : Johannem
Delà faute Johannem Bnetay et Matdorinum Bruhier hujus prmfatm
ecclesise canonicos et Johannem Josian, Johannem Pouquet, Henricum Castie et fuerunt repositm
■ Ms. M : et scellé des sceaux dudit chapitre de Coutances pour plus ample témoignage de la vérité desdites reliques ont été scellées du M. le doyen pour être délivrées audit sieur de Campion, député du chapitre.
au chapitre de sa négociation, suivant l'acte dont voici copie :
« L'an 1632, le 18° jour d'août, devant M. Merlet, (x président, [en] présence de MM. deBriroy, Le Pestour, » deslsles, de Paulmier, Le Pileur, Gorbet, Gampion, « Mortaing, prêtres, Mangon, Gourcy et de La Luzerne, « chanoines, le sieur de Gampion a présenté au cha- « pitre certain acte en parchemin en forme de procèsa verbal daté de lundi 9* du présent mois, duement « signé [et] scellé, contenant comme ledit jour les « sieurs doyen, chanoines et chapitre de l'église royale a et collégiale de Saint-Lo d'Angers avaient fait ouver- <( ture d'une châsse qui est sur le grand autel de leur «, église et trouvé dans icelle deux paquets d'osse- « ments des corps de saint Lo, de saint Romphaire, « saint Coronaire, saint Marculph et saint Cariulph, a aux fins d'en départir quelque portion à cette église, « suivant la prière qui leur en avait été faite par la « teneur des lettres missives que le chapitre leur avait « adressées à cette fin; a aussi présenté un paquet « enveloppé de papier, clos et cacheté de chacun côté « d'un cachet de cire rouge, dans lequel il a dit être « quelques morceaux desdits ossements qui ont été « pris de ceux ci-dessus et lui ont été baillés et déli- « vrés par lesdits sieurs du chapitre d'Angers pour « apporter céans. Sur quoi, après que lecture a été « faite dudit procès-verbal et des lettres missives dudit « sieur Le Royer, chanoine et procureur dudit chapitre, « ledit paquet a été porté et mis dans le reliquaire en « attendant qu'il sera fait des châsses pour mettre les-
« dits ossements à l'ornement et décoration du grand « autel, pour être ouvert le jour et fête Saint-Lo pro- « chain venant, et ordonne que ledit procès-verbal « sera transcrit au présent registre. Fait comme des- « sus. Signé : Authouard, greffier. »
Nous avons extrait des registres du secrétariat de l'évêché decette ville un acte decette même année 1632, qui est au nombre des démissoires accordés et des ordinations que j'ai cru ne devoir pas omettre ici. M. de Matignon n'était jusqu'alors que sous-diacre; il avait obtenu dispense pour être fait diacre et prêtre extra ternpora, et, par cet acte, il prend un démissoire pour être promu à ces ordres par tel prélat qu'il lui plaira choisir. « Die 10* mensis februarii 1632, illustrissime) « ac révérend issimo domino de Matignon, subdiacono, « invictissimi Francorum régis consiliario, electo Consu tantiensi episcopo, sanctissi masque Trinitatis abba- « tiae seu monasterii de Exaqueio ejusdem diœcesis a abbati perpetuo commendatorio, salutem in Domino. « Ut a quoeumque domino antistite catholicae vitae, « canonicèque promoto etasui officii exercitio1 non « suspenso, gratiam et communionem sanctae Sedis « apostolicas obtinenti, ad sacros diaconatus et près- « byteratus ordines, temporibus jure permissis, extra <( ternpora jure statuta, dominicis seu aliis de prae- « cepto ecclesiae festivis diebus continuis vel interpel- « latis, anni curriculo non expectato , minusque servatis
1 Les mss. portent : a s ni officii officio immo exercitio.... Le scribe avait écrit officio par erreur; au lieu de bifler le mot, il Ta laissé, mais s'est corrigé en ajoutant immo exercitio , ou plutôt l'exercice.
« ad ià à? coticili'O TrïdfcWino designatfe interstitiis, u mediante licëntia, tibi dôtoino LéoAorio de Mati- « gnoû ta rômatoa cttfia apùdSanctum-Petrum, die ca- (< tendas martîî atino millééittio ' saitoëntêfeHfté vicësimo « octavo, concessa, ut tetius ineàdem obftfmétui*, poser sis et vateas te facere prôntfôveri; eidëm doûiino « ântistiti catholico quem ad hto adiré toahreris, con- « ferendi tibique domino Leonorio ab eo recipiendi « hujusmôdi macros diaconatus ôt presbytetfatfts ordià nés licentiam impèrtimtir aft^ue in Domino concert diifcus facultatettï. »
La première ordiùatfon que fit notre évêque aptes don sacre et sa prise de possession personnelle, eàt marquée dans lés registres du secrétariat la même année 1833, au* quatre-temps de décembre sous ce trltè : « Ordinàti iti minoribus et sacris ordinibùâ per « illustrissimum ac reverèndrssimum dotirinutn Leono- « rium de Matignon, epïsôopum Constarttienseiïi in
* eccJesia cathedra! i CoÈtètâfctiensi diebus Veneris et
* Sabbati [16e et] 17âdècembris, anno 1633. » Ce même registre remarque encore en ces termes, sur cette même année, que le lundi 26* jour de décembre 1633, « iHuâtrîàsinlté et reverendissimë père en Diett, méssire << Léonor de Matignon, pat grâce divine et du saint « siège apostolique étêcjue de Coti tances, a conféré le « sacfemètit de confirmation à grand nombre dé peuple « éri l'église cathédrale audit lieu. *
II arriva par après, je veux dire quelque temps après, une nouvelle occasion à notre prélat de faire paraître son zèle et son affection pour son épouse, sur quelque
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différend particulier qu'eurent deux religieux du prieuré de Saint-Lo de Rouen, l'un nommé Thomas A vice, curé de la paroisse de Saint-Lo, et l'autre Nicolas Gaumont. Ce dernier traduisit Àvice devant l 'officiai [de Hou en, de quoi ayant porté sa plainte au parlement, la cour, par son arrêt du 24* mai 1636, fit défense audit Gaumont et à tous les autres de faire aucune poursuite sur ladite action devant ledit officiai, jusqu'à ce que par la cour en eût été autrement ordonné. Nous trouvons en outre que l'official de Rouen ayant, nonobstant ce que nous venons de dire, déclaré suspens a divinis ce même Àvice, il en porta sa plainte au parlement et en appela comme d'abus. La cour enjoignit au grand vicaire de l'archevêque de Rouen de donner l'absolution ad cautelam audit Àvice avant midi, et, à faute de ce faire, ordonna qu'il sera absous par messire Georges du Fay *, conseiller ecclésiastique, sans préjudice du droit dé juridiction. Ce fût le 27e octobre 1638.
Ce droit de juridiction fut si public et si reconnu à la cour et par tout Rouen que M. le procureur général1 et M. de Colleville, son fils, voulant faire dire la messe et avoir une chapelle en leur maison, ne s'adressèrent pas à d'autres pour cela qu'au seigneur évéqué de Coutances, ainsi qu'il parait par l'acte dont voici copie : « Nous, Léohor de Matignon, évêqùe de Cou-
i Georges du Fay, sieur de la Haye-au-Vidame, prieur du Plessis- Grimoult, fut conseiller clerc au parlement de Normandie de 1625 à 1651 .
* Georges Sallet, sieur de Quilly, qui exerça les fonctions de procureur général au parlement de Normandie de 1632 à 1641. Il eut deux fils : Alexandre Sallet, sieur de Colleville, et Georges Sallet, qui fut abbé d'Ardenne, au diocèse de Bayeux,
« tances, ayons continué à M. de Golleville la permisce sion que nous avions ci-devant donnée à feu M. le « procureur général son père de faire dire et célébrer « la messe dans la chapelle ou oratoire qui est dans sa « maison à Rouen, sous notre dépendance. En témoin a de quoi, nous avons signé la présente de notre « main et fait contresigner par notre secrétaire. En « notre palais de Saint-Lo, le 20e octobre 1643. Ainsi « signé : Léonor de Matignon, évêque de Coutances. » Et plus bas : « Par mondit seigneur : de Portel . »
Le surplus du diocèse était cependant dans une grande tranquillité, sous la conduite et le bon ordre de Léonor de Matignon ; et comme ce seigneur n'ignorait pas que la conservation de ce bon ordre consiste dans la connaissance des règles de son devoir et dans l'observation de ces règles, il s'appliqua particulièrement aux devoirs d'un bon évêque.
Ces statuts qui ont été renouvelés de nos jours par monseigneur deBrienne, notre très illustre prélat, sont l'ouvrage du seigneur de Matignon. Je ne prétends pas en faire l'éloge; ils sont entre les mains de tout le monde. Chacun en peut juger selon son affection et son goût; mais j'estime qu'on ne pouvait les faire avec plus de justesse et de discernement.
Il se trouvait peu ou point d'exemplaires des anciens statuts du diocèse. Du peu qu'il en restait, il y en avait qui ne pourvoyaient pas aux nécessités présentes qu'on n'avait pu prévoir; il y en avait aussi dont le siècle ne permettait plus l'usage; et ainsi Léonor de Matignon, ayant égard aux mémoires
recueillis par les archidiacres dans le cours de leurs visites et aux avis de plusieurs bénéficiers zélés pour la gloire de Dieu et la discipline de l'Église, au synode pascal tenu le 21° avril de Tan 1637, et de son pontificat le quatrième, il publia ces beaux statuts avec les termes et les raisons les plus pressantes qu'il fut possible pour engager les ecclésiastiques de son diocèse à les observer, quoique, à vrai dire, la justice en soit telle qu'on ne peut s'en dispenser sans renoncer à tous sentiments de religion \
Il y a donc : 1° la résidence actuelle des bénéficiers en leurs bénéfices, doctrine si peu connue aux siècles précédents; 2° la nécessité de l'instruction et par la parole et par l'exemple; 3° l'observation exacte des jours de fête; 4° l'honneur et la décence de la maison de Dieu ; 5° la connaissance et la pratique des sacrements; 6° le culte et le respect que Ton doit avoir pour Dieu; 7° il voulut que tous les premiers dimanches de chaque mois, on lût au prône de la messe paroissiale deux chapitres de ces statuts, de manière que, pendant le cours de l'année, ils fussent tous lus et connus d'un chacun, et ce, à dessein non seulement de faire connaître au peuple ses obligations particulières, mais principalement afin que les paroissiens, apprenant par cette lecture les devoirs de leurs pas-
4 D. Bessin, Concilia Rotomagensis provincise, & partie, p.575etsuiv. : Statuts et Règlements faits par Monseigneur V illustrissime et reverendissime Leonor de Matignon, Bvéque de Constances : au Synode de son Diocèse, tenu le vingt et unième d'Avril MDCXXXVI, renouveliez et augmentez par Monseigneur Villustrissime et reverendissime C hurles-François de LoméiAe de Brienne, Evéque de Constances, en son Synode tenu le dix-neuvicte de Mai MDCLXXVl.
teurs et de leurs autres ecclésiastiques, ils fussent eu même temps et les témoins de leur obéissance à ces statuts comme les censeurs publics des manquements qu'ils y apporteraient.
La piété fleurissait de tous côtés sous un si digne prélat. On Voyait de toutes parts des personnes de mérite de l'un et de l'autre sexe abandonner avec joie tous les avantages qu'elles pouvaient avoir dans le monde pour suivre Jésus-Christ, fonder des monastères, ou s'y enfermer pour la gloire de Dieu, ainsi qu'il parait par les couvents des Capucins l et dé la Protection1 à Yalognes, des filles de Sainte-Marie à Carentan , des Pénitents ' à Saint-Lo , des Hospitalières * et des Bénédictines * à Cou tances, comme nous l'avons remarqué de ces monastères en leur lieu.
1 a lies Capucins furent établis à Valognes en 1630, par les soins et « piété de trois nobles seigneurs, savoir: Adrien Poirier, écuyer, sei- € gnear d'Amfreville ; Robert de Franquetot, écuyer, seigneur de Crète- « ville, lieutenant général du bailli de Cotentin, et président au présidial » de Coutances, et Robert Le Fevre, écuyer, seigneur de la Fèvrerie ; ce * dernier donna le fonds sur lequel ils sont, et les autres contribuèrent « avec cèle au bâtiment. La première pierre fut bénite par M. Corbet, « grand vicaire de Coutances, et placée par lé seigneur d'Amfreville, le c dernier jour d'avril 1633. » Voy. Mémoires sur le Cotentin, p. 203.
* Le couvent des Bénédictins de Notre-Dame-de-Protcction fut établi d'abord à Cherbourg, en 1624; il fut transféré à Valognes en 1631. L'église fut consacrée en 1648, par Claude Auvry.
* Le monastère et l'église des Pénitents du Tiers-Ordre furent établis en 1630 par le sieur du Bois, procureur du roi de la ville de Saint-Lo.
* Marthe de Malherbe, veuve de François de Sarcilly, fonda le monastère des religieuses bénédictines de Coutances, le 14 mai 1633, sous le titre de l'Annonciation de Notre-Dame. La première supérieure fut dame Gabrielle de Sarcilly de Bru court, religieuse de Vignart (maison -mère).
B Les religieuses hospitalières furent appelées du couvent royal de Vernon, par acte du 2b mai 1643, ratifié par l'assemblée de la maison de ville de Coutances le 26 août, par le chapitre de la même ville le 28, approuvé par le roi le 18 juin 1644, et par le parlera mit de Rouen le 6 juillet 1645. Les religieux de Saint-Augustin;, entre les mains desquels
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Auparavant, l'épiscopat de Léonor de Matignon, le manoir épiseopal de l'évêdré de Coutances était du côté gauche du chœur de la cathédrale. Le temps, le malheur des guerres l'avaient ruiné. 11 fie le put souffrir, et ainsi il résolut de lé hâtif dé neuf, non au lieu où il était, mais en place de l'ancien château de la ville, au côté droit de l'église. Il le fit d'une manière digne de lui, à là moderne et dé la manière que nous lé voyons aujourd'hui, à la réserve de quelques aménagements qui y ont été ajoutés par ses successeurs, pour leur commodité et embellissement de la place que je puis d\te avec vérité la plus belle du pays, où Ton voit encore de grands restes de cet ancien château, de ses murs et de ses fortifications.
Les Mémoires du Clergé nous apprennent qu'il assista à deux assemblées ténues à Paris pendant son pontificat aux années 1635 et 1645, et nous lisons son nom en divers contrats entre le roi et le clergé, au sujet des décimes, et du même clergé avec les receveurs de ces décimes sur le même sujet. C'est [tout] ce que nous en dirons; mais, comme notte prélat eut part à quelques autres résolutions qui furent prises en ces assemblées, je prie mes lecteurs de vouloir bien souffrir que j'en insère ici quelque chose et que je dise : 1° qu'il fut décerné que les archevêques avaient droit de faire porter la croix devant eux et de prendre les autres marques de leur dignité dans toute l'étendue de leur province, ainsi qu'en avait usé le feu cardinal
était l'Hôtel-Dieu de Coutances, se trouvant dépossédés, protestèrent ; un accord fut consenti entre eux et les religieuses hospitalières.
du Perron, archevêque de Sens, qu'on avait vu souvent assister aux disputes de Sorbonne avec sa croix, et ainsi que M. l'évêque d'Apt n'avait pas lieu de s'opposer à ce que monseigneur l'archevêque d'Aix en usât ainsi au diocèse d'Apt; 2° on y approuva la Bible polyglotte de M. Le Jay1; 3° on y défendit aux évêques de faire aucunes fonctions épiscopales hors de leur territoire sans la permission de l'évêque diocésain ou de ses grands vicaires en son absence ; 4° on y statua que les pensions ordonnées par le clergé aux ministres convertis ne seraient délivrées que sur l'attestation de vie et de mœurs de leur évêque ; 5° que les mariages des princes du sang de France habiles à succéder à la couronne sont nuls sans le consentement du roi \ On y fit encore plusieurs autres règlements dignes de la grandeur des évêques qui les composaient, mais ce qui se passa à l'égard des évêques des villes d'Amiens [et de Léon] n'est pas plus de notre sujet que [ce que] nous venons de dire. II mérite néanmoins notre curiosité; on en jugera.
Messire François Le Fèvre, évêque d'Amiens8, faisait la visite de son diocèse, et fut prié par les habitants
* Guy Michel Le Jay ou Le Geay, avocat au parlement de Paris, mort le 10 juillet 1675. Sa Bible polyglotte, en 10 vol, in-fol., fut publiée de 1628 à 1645, par le libraire Antoine Vitré. V. l'approbation de la Bible polyglotte, Mémoires du Clergé de France, t. Ii, 1™ partie, p. t29-13i.
* Cette décision avait été prise sous la pression de Richelieu, qui voulait faire déclarer nul le mariage contracté, malgré la défense du roi, par Gaston d'Orléans avec Marguerite de Lorraine. Le pape Urbain VIII refusa de ratifier la décision de rassemblée.
3 François Le Fèvre de Caumartin fut nommé évêque d'Amiens en 1617 et mourut le 27 novembre 1652. Ii était fils de Louis Le Fèvre de Caumartin, garde des sceaux, et de Marie Miron.
d'une paroisse nommée la Rue de leur faire restituer au moins en partie les reliques de saint Wulphy \ lesquelles pendant les guerres des huguenots, ils avaient mises en dépôt au monastère de Saint-Sauvede-Montreuil. Ce prélat se disposant à exécuter une si juste demande, du consentement des religieux, les habitants de Montreuil s'unirent contre lui , sonnèrent les cloches, entrèrent en armes et comme furieux dans l'église, où était cet évêque en rochet, camail et étole comme venant d'administrer le sacrement de confirmation , le maltraitèrent de paroles et même de corps dedans et dehors l'église et l'auraient apparemment tué sans le commandant d'un régiment qui y était en garnison, lequel y accourut avec ses soldats et tira le prélat de leurs mains. L'assemblée, ayant appris cette violence, en fit son affaire et obligea les habitants de Montreuil de lui en faire toute la satisfaction qu'il en souhaita. Le clergé de cette ville, accompagné du majeur et des échevins, porta solennellement les reliques de saint Wulphy en un lieu du faubourg préparé pour ce sujet. Les principaux auteurs de la sédition y assistèrent en habits de pénitents, demandèrent publiquement pardon au grand vicaire d'Amiens qui y avait été envoyé, subirent toutes les pénitences et peines temporelles qui leur
1 Nos deux 1X188. ont défiguré les noms de saint Wulphy et dn saint Sauve. Le ms. P écrit le premier Tolsy et Wulsy, le second Sauvre; le ms. M écrit le premier Tolfy et Wolfy et le second Savare. Voici le texte du (rallia chrUtiana, X, 1209-1210 : « ... quum ut civium oppidi « de Rua precibus obsequeretur, partem reliquiarum corporis sancti « WlÛagii confessons urbis patroni, quod in monasterio sancti Salvii « depositum erat, ipsis tradere statuisset.... »
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furent imposées, rendirent ce qu'on voulut de? reliques, fondèrent à perpétuité une messe en l'église d'Amiens au jour et fête de saint Wulphy qui est le 6e juin par 120 livras de rente, et enfin reçurent l'absolution de l'interdU et autres censures qu'ils avaient encourus.
L'autre affaire est telle. René de Rieux , rejeton de cette noble et illustre famille de Bretagne qui a donné tant de héros et de maréchaux de France ', était évèque de Léon * et eut le malheur de n'être pas des amis du cardinal de Richelieu. Ce seigneur était non seulement évèque de Léon, mais encore maître de la chapelle du roi. Il fut accusé d'avoir plaint les malheurs de la reiae-mère et de n'avoir pas approuvé l'ingratitude et les violences de ce ministre contre sa souveraine. C'en fut assez pour le perdre. L'ayant su, il se retira en Flandre. On lui fit son procès ; on l'accusa du crime de lèse-majesté ; on lui donna des commissaires ; il fut déposé ' et on nomma Robert Cupif * à sa place.
Mais enfin, ce terrible ministre étant mort, il fut
* II faudrait ajouter et de Bretagne, car la famille de Rieux n'a donné à la France que deux maréchaux y Jean de Rieux en 1807 et son fils Pierre de Rieux en 1417, qui lors de la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, servit activement la cause du Dauphin, plus tard Charles VU. — René de Rieux était fils de René de Rieux, seigneur de Sourdéac, qui se dévoua à la cause de Henri IV, et de Suzanne de Saint-Melaine.
* Saint- Pol-de- Léon, dép. du Finisterre. ' René de Rieux fut déposé en 1635.
* Cupif était archidiacre, officiai et vicaire général de Quimper-Corentiu. Il ne se soumit pas à ia sentence du 6 septembre 1646 et se fit maintenir, par arrêt du conseil, dans la possession de i'évêché de Léon, qu'il ne quitta que lorsque le roi l'eut transféré, en 1648, à celui de Dol.
DU JUOCBSfi D£ COUIANCES. î&$
permis de se plaindra et de demander justice. René de Rieux s'adressa pour ce sujet au* prélats de l'-asôwnblée de 1*645, antre lesquels était le nôtre. Le clergé en fit son affaire et, «'expliquant pjar la bouche de Charles de Mo nichai, archevêque de Toulouse1, remontra à la reine l'injure faite à l'épîscopat en la personne de l'évèque de Léon. Cette princesse écouta la voix des prélats et ordonna à son ambassadeur à Rome de soutenir de son autorité les négociations du sieur doyen de Saint-Géran que le clergé de France y avait envoyé exprès. Ainsi Sa Sainteté ayant par un bref du 23° décembre 1645 nommé de nouveaux commissaires, ils jugèrent le 6° septembre 1646 que niessire René de Rieux avait été mal et injustement condamné, était innocent des crimes à lui imputés, serait renvoyé en son évêché où Cupif avait été mal à propos et contre les règles de justice placé, icelui Cupif condamné aux dépens '.
Quelque part qu'eût eue Léonor de Matignon à la poursuite de cette sentence, la fin ne nous en regarde plus. Il n'était plus notre évêque au temps qu'elle fut donnée. L'évôché de Lisieux, qui est d'un plus grand revenu, ayant vaqué, le roi le lui donna ' et ainsi le reste
* Charles de Montchal présidait cette assemblée de 1645. Renommé pour son érudition, qu'attestent ses travaux sur l'historien Eusèbe, il fut d'abord chanoine d'Àngoulôme, abbé de Saint-Amand, et obtint en 1638 l'archevêché de Toulouse, vacant par la démission du cardinal de la Vallette, dont il avait été le précepteur. Il mourut en 1651.
* V. sur cette affaire, les Mémoires du Clergé de France, t. 1, partie I» p. 42-58.
1 11 fut nommé évéque de Lisieux en août 1648 et mourut le 14 février
de sa vie, qui a été environ de trente-quatre ans, n'est plus de notre sujet.
Il a été seulement notre évêque treize ans. On peut voir, par le peu que nous en avons dit, qu'il a fait en ce diocèse de très grandes choses ; aussi son nom y est-il demeuré en vénération. L'église de Coutances et tout le Gotentin le perdirent avec un sensible regret; sa douceur naturelle et son affabilité lui avaient gagné le cœur de tous les ecclésiastiques et de ses diocésains. Lorsqu'il nous quitta, les armes de la ville de Coutances furent dépendues des places publiques où elles étaient, portées en la maison de ville et couvertes de drap noir en signe de deuil et du chagrin qu'avaient tous les états de perdre un si bon et si sage prélat.
La grandeur de sa naissance lui attirait les respects de tout le monde et sa douceur naturelle lui gagnait les cœurs. J'ai vu quantité d'épigrammes et d'autres vers latins et français faits à sa louange, aussi bien que diverses épîtres dédicatoires. Il n'y en a pas une où ces caractères de grandeur et de bonté naturelle n'aient été remarqués.
Enfin nous finirons le chapitre par les termes du Mercure galant du mois de février 1680 en parlant de la mort de ce prélat qui avait, comme l'on sait, l'honneur d'être de l'ordre du Saint-Esprit : « On a perdu, « dit-il (dans l'ordre), un Commandeur des plus ance ciens, en la personne de Messire Léonor de Mati- « gnon1, ancien Evesque de Lisi eux, mort à Paris âgé
1 C'est en 1677 que Léonor de Matignon se démit de révèché de Ltsieux et des deux abbayes de Lessay et de Torigny en faveur de son neveu
a de soixante et seize ans. Il était fils de [Charles] « de Matignon et de Henriette (c'est Léonor) d'Or- « léans et Petit Fils du Maréchal de Matignon et de « Marie de Bourbon, tante de Henry le Grand. Son « mérite le fit élever fort jeune à TEpiscopat. Il fut « Evesque de Goutances d'abord, et l'a été ensuite de « Lisieux, où il a toujours soutenu l'honneur de son « caractère avec autant de sagesse que de dignité, a Mille occasions l'ont fait connoistre aussi généreux « Amy qu'il a toujours esté bon Parent. Il s'est dé- « poùillé de tous ses Biens Ecclésiastiques longtemps « avant qu'il soit mort en faveur de M. l'Abbé de Mati- « gnon, son Neveu, sur lequel il a fait tomber deux « Abbayes et l'Evesché de Lisieux, que ce Prélat gou- « verne aujourd'huy avec tant de gloire. Il avoit cédé « son droit d'Aînesse à feu M. de Matignon son Frère, a Lieutenant du Roy en Normandie, et asseuré toutes « ses Terres à ses Neveux !. »>
Léonor II de Matignon, second fils de François de Matignon et d'Anne de Malon de Bercy. Ce prélat Ait encore aumônier du roi. Il mourut âgé de 77 ans, le 14 juillet 1714.
1 Le Mercure galant, février 1680, p. 273-275.