‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 10 sur 2407 · LIVRE QUARANTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTIÈME

(1) s. Niceph. Chr. Th.

an. 10, Const. p. 290. Sacr.

l. 6, Conc. p. 599.

(2) Anast.

(3) Act. 1, p. 600.

Le patriarche d'Alexandrie et le vicaire de Je rusalem n'avoient pu venir au concile , parce qu'ils étoient sous la domination des Arabes ; et, par la même raison, il n'y vint aucun évêque des provinces dépendantes de ces deux patriarches , non plus que d'Afrique.

Les légats du pape parlèrent les premiers et dirent , adressant la parole à l'empereur : 11 y a environ quarante-six ans que bergius, évêque de ce siège , et d'autres , ont introduit de nouvelles expressions contre la loi , enseignant qu'il n'y a en Jésus-Christ qu une volonté et une opération (1). Le saint-siege a rejeté cette erreur et les a exhortes a la quitter, mais inutilement jusqu'ici. C'est pourquoi nous demandons à votre majesté que ceux qui sont du côté de l'église de Constantinople disent d'où est venue cette nouveauté. L'empereurordonna à George de Constantinople et a Macaire d' Antioche de s'expliquer sur cette proposition. Macaire d' Antioche, avec son disciple Etienne, et deux évêques au nom du siège de Constantinople , Pierre de Nicomedie et Salomon de Clane , répondirent . Nous n avons point proposé de nouveauté ; mais ce que nous avons appris des conciles œcuméniques et des pères , approuvé de ceux qui ont rempli ce siège de Constantinople , Sergius, Paul , Pyrrhus et Pierre , d'Honorius , pape de] ancienne Rome, et de Cyrus , pape d'Alexandrie^ Nous croyons et enseignons comme eux touchant la volonté et l'opération , et nous sommes prêts de

le prouver. , ,

L'empereur dit : Si vous voulez le prouver, nous ne vous permettons de le faire que comme vous avez dit , par les conciles et par les pères. Seigneur , dit Macaire, ordonnez que le garde des chartes de cette église apporte les livres des conciles de la maison patriarcale. L empereur l'ordonna, et George, diacre et garde des chartes, étant sorti du concile et entre dans la bibliothèque patriarcale , revint peu de temps après, apportant les livres des conciles œcuménique {'2). L'empereur lui ordonna de les donner à lire, et le moine Etienne, disciple de Macaire d' Antioche, ayant pris le premier volume du concile d'Ephèse , en fit la lecture. Et venant au discours de saint Cyrille a 1 empereur Théodose , qui commence , La gloire des hommes, il y lut ces paroles : L'appm de votre empire est le même Jésus-Christ par qui les

rois régnent , et les princes rendent justice ,^r sa volonté est toute-puissante. Sur quoi Macaire d' Antioche dit : Le voilà, seigneur, j ai prouvé une volonté en Jésus-Christ. Mais les légats de Rome se levèrent avec quelques évêques de la dépendance de Constantinople et les magistrats , et ils crièrent : Macaire abuse de ce passage , saint Cyrille; parle de la volonté divine de Jésus-Christ, puisqu'illa nomme toutepuissante ; et d'ailleurs il ne dit point une volonté avec la marque du nombre. Apres que ce premier volume du concile d'Ephèse eut ete lu tout entier , l'empereur lit lire aussi le second , puis il dit : C'est assez pour aujourd hui d'avoir lu les actes du concile d'Ephèse : la première fois on lira ceux de Chalcédome. Ainsi finit la première action ou session du sixième

concile.

Xll. Seconde session.

(1) P. eu, 719, E.

(2) P. eu.

La seconde fut tenue trois jours après,savoir, le dixième de novembre, en présence de 1 empereur et de ses treize officiers. Les mêmes évêques et les mêmes députés y assistèrent (1). Paul, secrétaire de l'empereur, dit, en s adressant à lui : Votre piété se souvient , et tout le concile aussi , qu'après la lecture du concile d'Ephèse vous avez jugé à propos de hre celui de Chalcédoine. L'empereur l'ordonna, et Antiochus , lecteur et notaire du patriarche de Constantinople, ayant commencé a en lire le premier volume , vint à cet endroit de la lettre de saint Léon à Flavien : Chaque nature fait ce qui lui est propre avec la participation de l'autre. Le verbe opère ce qui convient au verbe , et la chair ce qui convient a la chair ; l'un brille par ses miracles , l'autre succombe aux mauvais traitements. Alors les légats de Rome se levèrent et s'écrièrent : Tous voyez , seieneur , que ce père enseigne clairement deux opérations naturelles en Jésus-Christ, sans confusion et sans division, et il enseigne dans ce discours que le concile a dit être 1 appm de la foi orthodoxe. Que dit à cela le vénérable Macaire et ceux de son parti? Macaire dit : Pour moi , seigneur , je ne dis point deux operations ; et je ne vois point que Léon , d heureuse mémoire , l'ait dit en ce passage Croyezvous donc, dit l'empereur, quilait dit une opération? Macaire répondit : Je ne parle point de nombre , je dis seulement l'opération theandrique, suivant saint Denis. L'empereur reprit : Et comment entendez-vous cette opération théandrique ? Macaire répondit : Je n en iiige point. On acheva la lecture du concile de Chal(^oine, et l'empereur remitlceUe du cmquième concile à la session suivante.

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