LIVRE QUARANTE-UNIÈME
life Soliman mourut l'an de l'hégire quatrevingt-dix-neuf de J.-C. sept cent dix-sept , et eut pour successeur Omar, son cousin (1). Dès le temps de Soliman , Masalmas ouMoussima, son frère, assiégeoit Constantinople , mais il fut obligé de lever le siège le quinzième d'août sept cent dix-huit, après avoir perdu sa flotte ; ce qui fut attribue à l'intercession de la Sainte-Vierge. La même année il y eut un grand tremblement de terre en Syrie , dont le calife Omar prit occasion de défendre le vin dans les villes, et pervertit plusieurs chrétiens. Il exemptoit de tributs les apostats , et faisoit mourir ceux qui demeuroient fermes; ainsi il y eut plusieurs martyrs. Il défendit de recevoir le témoignage d'un chrétien contre un musulman, et écrivit à l'empereur Léon une lettre dogmatique , croyant lui persuader d'embrasser sa religion. Aussi passoit-il pour fort dévot musulman (2). Il abolit la malédiction que ses prédécesseurs prononçoient contre Ali ; et après sa mort on trouva dans une chambre ou il s'enfermoit une corde suspendue , où il s'appuyoit quand il étoit fatigué dans la prière.
Les chrétiens de Damas se plaignirent à Omar que Valid, son prédécesseur, leur avoit ôté léglise de Saint-Jean, en bâtissant la grande mosquée, et lui rapportèrent les lettres de Chaled , qui avoit conquis Damas pour les musulmans, par lesquelles il promettoit que leurs églises ne seroient ni détruites ni fermées (3). Omar leur promit la même somme de quarante mille dinars, que Valid leur avoit olTerte, mais ils la refusèrent, et obtinrent que tout ce qui étoit de l'église leur fût rendu (4), car la mosquée étoit plus grande. Les musulmans le trouvèrent mauvais , et un d'eux représenta que le traité de Chaled n'étoit que pour la partie de Damas, qui s'étoit rendue à composition. Mais que dans l'autre partie, qui avoitété prise de force, toutes les églises appartenoient aux musulmans. Après bien des disputes, on convint que l'église de Saint-Jean demeureroit aux musulmans, et qu'ils abandonneroient leur prétention sur toutes les autres. Omar leur en donna ses lettres , qui comprenoient aussi les monastères et les églises des environs (5). Une régna que deux ans cinq mois, et mourut l'an de l'hégire cent un, sept cent vingt de
Son successeur fut Yésid, fils d'Abdelmélie, et frère de Soliman, qui régna quatre ans (6). La seconde année de son règne il parut un imposteur syrien, qui trompa les juifs, en se disant le Messie, fils de Dieu. Deux ans après, c'est-à-direen sept cent vingt-trois, un
(1) Theoph. p. 33i.
(2) Elraac, c. 15.
(3) Elraac. c. 15, p. 77.