‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1021 sur 2407 · XLIX. Suite de l'ambassade · texte numérisé non relu

XLIX. Suite de l'ambassade

Tout cela fut rapporté en secret à Abdérame; et comme c'étoit le plus rusé de tous les hommes , il employa toutes sortes d'artifices pour ébranler l'ambassadeur. On ne lui permettoit d'aller à l'église que les dimanches et les principales fêtes; et on le menoit à la plus proche dédiée à saint Martin, environné de douze gardes. Un dimanche donc, comme il yalloit, on lui apporta une lettre du roi contenant quantité de menaces, et enfin celle-ci : Si tu m'obliges à te faire mourir, je ne laisserai pas un chrétien en vie dans toute l'Espagne : pense de combien de vies tu répondras devant Dieu , s ils périssent par ton obstination. Jean répondit par une lettre qu'il exécuteroit fidèlement les ordres de son maître. Quand vous devriez , disoit-il , me faire démembrer peu à peu , me couper aujourd'hui un doigt , demain un autre , puis un bras, un pied , une jambe , et ainsi du reste de jour en jour , vous ne m'ébranleriez pas. Que si vous faites mourir à cause de moi les autres chrétiens , ce ne sera point à moi que Dieu l'imputera, mais à votre cruauté, qui nous procurera par ce moyen une meilleure vie.

Cettelettre, loin d'irriter le roi, l'apaisa. Car il étoit bien informé de la puissance d'Othon , et ne vouloit pas s'attirer un tel ennemi. Il fit donc dire à Jean qu'il dît lui-même ce qu'il jugeoit à propos de faire. Jean répondit : A la lin vous avez pris le bon parti ; si vous aviez fait d'abord cette proposition, vous nous auriez épargné et à vous aussi bien du temps

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