‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1026 sur 2407 · LIV. Lettres d'Atton de Verceil · texte numérisé non relu

LIV. Lettres d'Atton de Verceil

En Italie ,Bérenger et son fils Adalberf se rendoient de jour en jour plus odieux par leur gouvernement tyrannique ; et , prévoyant une révolte , ils voulurent obliger les évéques à leur donner des otages , pour s'assurer de leur fidélité (3). Alton, évêque de Verceil, écrivit sur ce sujet à ses confrères , pour les prier de lui écrire leurs avis , parce qu'ils ne pouvoient conférer ensemble librement. Je demande, disoit-il, si nous devons donner ces otages, s'ils doivent savoir à quoi ils s'obligent et y consentir ; quelles sûretés nous devons prendre, et si cette convention doit se faire par écrit ou verbalement. Si on doit y mettre un terme et si le prince a été prévenu contre nous par de faux rapports, comment nous pouvons nous justifier. Je vous avoue mon ignorance ; jusqu'ici je n'ai trouvé dans les docteurs ecclésiastiques ni autorité ni exemple sur ce point ,

(1) P. t80,n. 22. Cedr.

(2) P. ft35, ft*1.

(3) AU. Epist. II , to. 8, Spicil. p. m

cl si quelqu'un m*en peut montrer, je la suivrai invioiablement.

Je tiens que nous devons garder en tout la fidélité aux rois nos mailres , et que si nous y manquons , nous nous rendons coupables devant Dieu. Mais nous devons les servir, comme ont fait nos prédécesseurs , sans rien ajouter de nouveau , si ce n'est pour quelque grande utilité par 1 autorité du pape et le conseil des plus sages évéques. Or T Ecriture nous apprend que chacun doit porter la peine de son péché, et que le fils ne doit pas souffrir de l'iniquité du père (1). Comment donc exposerons-nous des otages à périr pour notre faute? Celui qui les aura reçus dira : Tout ce que je ferai à cet homme est sur le compte de celui qui me Ta donné. Il est vrai ; mais vous n'en êtes pas déchargé pour cela : vous êtes tous deux coupables, lui de l'avoir mal donné, vous de l'avoir mal reçu. Mais qu'a fait ce pauvre otage, pour être mis à mort? S'il est offert par charité pour la liberté d'un autre, il est digne de louange ; s'il s'est exposé au péril par l'intérêt, ils sont tous trois coupables. Je crains d ailleurs que nous ne promettions plus que nous ne pouvons tenir; et que, par foiblesse ou autrement, nous ne changions d'avis, après avoir engagé des innocents. Si on peut demander de telles sûretés , c'est à ceux qui n'ont point la crainte de Dieu : un homme sage et chrélien ne fera pas pour des otages, ce qu il ne fera pas pour la crainte de Dieu et le salui de son âme. Je crois donc que tous les chrétiens doivent l'éviter; mais principalement des évéques qui sont obligés à s'exposer eux-mêmes pour les autres. Enlin , si les assurances que nos prédécesseurs avoient données aux princes ne sont plus jugées suffisantes, on dira que les princes ou les évéques sont devenus plus mauvais. Il conclut de prier pour la conservation des princes et la tranquillité publique.

Alton écrivit vers le même temps à Valdon, que le roi Bérenger avoit fait évêque de Come, et qui fut des premiers à se révolter contre lui (2). Alton l'exhorte à se réconcilier avec ce prince, par les passages de l'Ecriture qui ordonnent d'être soumis même aux mauvais princes. Il y joint l'autorité de saint Grégoire et des conciles de Tolède. 11 fait souvenir Valdon de son serment de fidélité, et l'exhorte à retenir ses vassaux dans le devoir , sous peine de se rendre responsable de leur perte devant Dieu.

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