XLIV. Synode de Rathier
(«) Mallh. vu, 3.
c est ce qui l'embarrassoit , quand il voulut tenir un synode. Car, dit-il, parlant à son cierge, on tiennes synodes pour corriger ce qui s est fait contre les canons ; et, quaud je iet regardois,je trouvais que vous n'en observées aucun (3) Je voyois parmi vous des biinmeg. des concubiûaires, des conspirateurs ^des par! jures, des ivrognes, des usurieri. Les eutkaa mêmes etoient irréguliers comme bâtards. £0 un mot , la cause de la perte de tout mon peuple est le clergé. Car , comment oseroia^ie dans mon synode, reprendre un laïque d'aduJ^ tere , de parjure , ou de quelque autre crime , le soutirant dans mes ecclésiastiques.? Voua savez que j'avois convoqué un synode, où^
(3) Ilîncr. p. 3170.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[ An de J.-C. Qll
pendant deux jours , l'archiprétre et l'archidiacre dévoient examiner en mon absence ceux qui viendroient, et le troisième jour me rapporter tout ce qu'il y auroit à corriger. Je trouvai qu'on ne les avoit examinés que sur les psaumes, et qu'on avoit trouvé qu'ils ne les sa voient pas mal, et la plupart mieux que moi. Voilà le fruit du synode.
Je les interrogeai sur leur créance, et je trouvai que plusieurs ne savoient pas même le symbole des apôtres. C'est ce qui m'obligea d'écrire la lettre synodique à tous les prêtres , où je leur ordonne d'apprendre les trois symboles, celui des apôtres, celui que l'on chante à le messe et celui de saint Athanase. Nous avons cette lettre synodique de Rathier, où il recommande l'observation du dimanche, et montre la signification morale de la parascève et du sabbat, c'est-à-dire du vendredi et du samedi (1). 11 dit dans cette lettre : Je veux savoir de chaque prêtre s'il est né libre ou de condition servile. S'il est né ou ordonné dans mon diocèse, et pour quel titre, S il a été serf, qu'il montre sa lettre d'affranchissement : s'il est d'un autre diocèse, qu'il montre son dimissoire. Chacun de vous aura, s'il se peut, une explication du symbole et de l'oraison dominicale , suivant la tradition des pères , pour en instruire le peuple ; c'est ce que nous appelons un catéchisme. Ensuite, entre les formules de l'administration des sacrements, comprise aujourd'hui dans le rituel , il marque Tordre de la réconciliation des pénitents , suivant la mesure réservée aux prêtres par les canons, ce qui montre qu'il y avoit des cas réservés à Tévéque ; et il dit ensuite expressément que les prêtres peuvent donner la pénitence pour les péchés secrets; mais quant aux péchés publics, ils doivent en faire leur rapport à l'évêque. Sachez , ajoule-t-il, que nous n'ordonnerons personne qui n'ait passé quelque temps dans un monastère ou auprès d'un homme savant , et ne soit un peu instruit.