CHRISTIANISME
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V î tjfrte IJfs^ôlê ;•* Albï^ duc de Venise , étoit • tnônte à cette 4igpité par le crime. Vital CantiidiBfl,.'^tf.pné(iéccfceur, étant devenu susppctaifi ^énftifri?;ïls conspirèrent contre lui et résolurent de l'attaquer dans son palais, et le tuer avec toute sa famille. Mais, comme il se tenoit sur ses gardes , ils s'avisèrent de brûler la maison de Rerre Urséole , conliguë au palais , et l'y firent consentir , en lui promettant de le faire duc, ce qui fut exécuté. Pierre, ayant ainsi satisfait à son ambition, fut touché du remords de son crime , et demanda conseil à un abbé , nommé Guérin , qui étoit venu de Catalogne , allant en divers lieux faire des pèlerinages de dévotion. Il consulta aussi Marin et Romuald ; et tous troisconvinrent que Pierre devoit renoncer non-seulement à sa dignité mal acquise , mais au monde , et embrasser la vie monastique. 11 se déroba donc secrètement à sa femme et à sa famille, avec un de ses amis nommé Jean Gradénic; ils allèrent joindre les trois autres , et s'étant embarqués tous cinq , ils arrivèrent en Catalogne, au monastère de Saiût-Michel de Cusan , que Guérin gouvernoit dès l'an neuf cent soixante-treize. Pierre Urséole et Jean Gradénic s'y rendirent moines î mais Marin et Romuald demeurèrent près du monastère, continuant à mener la vie érémi tique à laquelle ils éloient accoutumés , et , au lx)ut d'un an , les deux autres se joignirent à eux (1).
m. Saint Romuafd en CtUrtogne.
Romuald se distingua tellement par son zèle, qu'il devint bientôt leur maître, et Marin luimême se soumit à sa conduite. Pendant un an, Romuald ne prit pour nourriture par jour qu une poignée de pois-chiches cuits j et pendant trois ans, lui et Jean Gradénic vécurent du blé qu'ils recueilloient en labourant à la main, redoublant ainsi par leur travail la rigueur du jeûne. Romuald ayant lu dans la vie des pères que quelques uns jeûnoient toute la semaine, hors le samedi elle dimanche , entrer prit de les imiter , et vécut ainsi plus de quinze ans. Ensuite, il remit au jeudi le soulagement qu'il prenoit le samedi ,tant pour se conformer à l'usage de l'église romaine , que pour rendre le jeûne plus supportable, n'étant que de deux ou trois jours de suite. Il fit depuis la règle des ermites de jeûner tous les jours, hors le jeudi et le dimanche , auxquels ils pouvoient manger dès herbes et user de toute sorte de boisson; mais pendant les deux carêmes de Vannée ils jeûnoient toute la semaine. Il défendoit aux autres de passer un jour entier sans manger , quoiqu'il le fit souvent lui même ; et disoit que quiconque aspire à la perfection ,
(1) Acta SS. Ben. S«c. 5, p. 877; S«c. p.
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doit manger tous les jours, en sorte qu'il ait tous les jours faim (1).
Le comte Oliban, à qui le monastère de Cusan avoit appartenu, étoit un seigneur de Catalogne chargé de grands péchés. Il vint un jour voir saint Romuald, et lui raconta toute sa vie comme en confession, après quoi le saint homnoe lui dit au' il ne pou voit se sauver qu'en embrassant hk vie monastique. Le comte en fut Surpris, et dit que les hommes spirituels à qui il s'étoit déjà confessé, ne lui avoient jamais conseillé une si rude pénitence. 11 fit venir des évêques et des abbés qui l'avoient accompagné, et après avoir délibéré tous ensemble, ils vinrent à l'avis de Romuald , avouant que la crainte les avoit empêchés jusque-là de donner au comte ce conseil. Alors Oliban convint avec Romuald d'allof au mont Cassin sous prétexte de pèlerinage, et d'y embrasser la vie monastique.
Cependant Sergius, père de Romuald, se fit moine au monastère de Saint-Sévère près de Ravenne, mais quelque temps après il s'en repentit et voulut retourner au monde. Les moines en donnèrent aussitôt avis à Romuald, qui résolut d'aller au secours de son père , et chargea l'abbé Guérin et Jean Gradénic de conduire le comte Oliban au mont Cassin. Le» Catalans , apprenant que Romuald songeait à quitter leur pays, en furent extrêmement affligés ; et après avoir cherché un moyen de prévenir cette perle , ils n'en trouvèrent point de plus sûr, que d'envoyer des gens le tuer , afin d'avoir au moins ses reliques pour la protection du pays. Romuald en étant averti, se rasa entièrement la tête , et comme les meurtriers approchoient de sa cellule, il se mit à noanger dès le grand matin. Ils crurent qu'il avoit perdu l'esprit, et se retirèrent sans lui faire aucun mal.
S'étant ainsi sauvé de leur dévotion brutale, il partit nu -pieds, un bâton à la main, et arriva à Ravenne, où, trouvant son père résolu au retour au siècle, il lui mit les pieds dans des entraves , le chargea d<» fers, et le frappa rudement jusqu'à ce qu'en maltraitant son corps il eût guéri son àme et l'eût fait revenir à sa première résolution. H y persévéra, et mourut saintement quelque temps après.