‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1119 sur 2407 · Tome IV · texte numérisé non relu

Tome IV

(1) iThess. 11,4.

C2) Epist. Conc. Afr. lo.

2, p. 1075, D. 7, Epist. 6i.

Sup. I. XXXVI, n.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

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i II

chevéque. Il est vrai que Damase ne laisse aux métropolitains que l'examen des causes majeures, et s'en rés<^rve la décision; mais saint Grégoire, ayant appris la déposition de Paul, évêque de Tièle, ne se plaint point qu'on l'ail déposé sans sa participation. Arpoul apporte encore d'autres autorités semblables de saint Grégoire pour montrer qu'il approuvoit que les évéques coupables fussent jugés sur les lieux , sans avoir recours au sainl-siége. En effet , le lecteur a pu voir, dans toute cette histoire, que c'étoit l'ancien droit, et qu'il n'avoit été troublé que par les fausses décrôtales. Mais Arnoul ne les savoit pas distinguer des vraies; el de là venoit son embarras

Il continue : Ne parlons point des cas où personne ne se plaint (1). Que ferons-nous si les seigneurs , qui ont les armes à la main , découvrent que l'on corrompe leurs femmes ? Si les rois irrités convainquent un évêque du criipe de lèze-majesté , et qu'ils voient que par collusion nous employons de longues procédures e| des chicanes embarrassées pour les jouer? Emploieront-ils de l'argent pour se faire rendre justice à Rome ; et le coupable manquera-t-il d'offrir aux Romains des montagnes d'or, s'il espère par là se tirer d'affaire? 11 apporte ensuite les exemples de Gilles, archevêque de Reims , sous le roi Childeberl , et d'Ebbon, sous Louis le débonnaire, déposés sans la participation du pape, et il conclut que les causes évidentes, et où il n'y a point d'appel au saint-siége, doivent être terminées par le concile de la province. Sur ce que la prétendue lettre de Damase dit qu'il n'est pas permis de tenir un concile sans l'autorité du saint-siége, il dit : Quoi donc! si les armes des barbares ôlent la liberté d'aller à Rome, ou si Rome, sujette à quelque barbare, suit la passion de son maître, pour être aliénée dequelque royaume, il ne se tiendra \Mj'mi de conciles, ou tous les évêques du monde attendront, au préjudice de leurs princes, les ordres de leurs ennemis [2) ? Le cojncile de JNicée, si respecté même par léglise romaine, ordonne de tenir les conciles deux fois l'année, sans faire mention de l'autorité du pape.

Mais pour ne point disputer , honorons l'église romaine plus que ne faisoient les évêques d'Afrique , et la consultons si l'état des royaumes le permet, comme on a fait en celte cause d' Arnoul. Si son jugement est juste, nous les recevrons en paix ; s'il ne l'est pas, nous suivrons ce que l'apôtre ordonne , de ne pas écouter un ange même contre l'Evangile. Que si Rome se tait, comme elle fait à présent, nous consulterons les lois (3). Car où nous adresserions-nous, puisque Rome semble abandonnée de tout secours divin et humain, et s'abandonner elle-même ? depuis la chute de

(3) Gall. 1, 8.

l'empire elle a perdu l'église d'Alexandrie et celle d'Antioche, et pour ne rien dire de l'Afrique et de l'Asie, l'Europe même commence à la quitter , l'église de Constanlinople s'est soustraite, le dedans de l'Espagne ne connoU point ses jugements. C'est donc celte révolte dont parler l'apùlre non-seulement des nations, mais des églises (1). Car on voit les approches de l'antechrist, dont les ministres ont dt'jà envahi les Gaules , et nous accablent de toutes leurs forces. 11 Unit en disant qu'on doit consulter les canons , pour voir combien il faut d'évêques pour en juger un ; el comment on doit juger celui qui ne veut passe défendre.

XXVL Réflexioas sur ce discours.

Ce discours d'Ampul d'Orléaun , pris à la rigueur, contient sans doute quelques propositions ei^cessives, et qui semblent teindre au mépris du saint-siége. Mais i^ous ne trouvons guère en ce temps-là d'écrivains parfaitement exacts dans leurs expressions , ni même daus leurs pensées ; et il est juste d'expliquer favorablement les paroles d'un évêque vénérable par son âge et son savoir, quiéloit comme l àme de ce concile. Au fond , loin de conseiller le schisme, il commence par déclarer qu'il faut respecter l'église romaine , et obéir aux décrets du pape ; el ailleurs il dit expressément qu'il appartient au pape de juger de toute l'Er glise. Tous les gens de bien ne pouvoient manquer d'être indignés des affreux désordres qui régnoientà Rome depuis un siècle, et cette indignation diminuoit le respect pour la personne des papes et pour leurs constitutions (2). Car encore que l'autorité ne dépende point absolume^l des qualités personnelles , elles ne sont pas indifférentes , et on obéit plus volontiers à un prélat, plus on le croit vertueux et éclairé. Quant au titre odieux d'antechrisl, ce n'est qu'une comparaison ; el Arnoul dit seuhment qu'un prélat sans charité est un anlivchrist, comme un prélat ignorant ressemble à une idole. Du moins il est clair qu'il ne veut pas dire, que quelqu'un des papes ail été antechrisl, puisqu il en mîirque un autre à la un de son discours , dont il dit (^u'on voit les approches, en ce que ses ministres ont déjà envahi les Gaules (3). Car il parle sans doute de quelques Barbares, soK les Hongrois, soit d'autres, que Von regardoil comme les précurseurs de l'antechrist. Que si l'on veut atlrituef ce discours à Gerbert qui le rapporte , il sera encore plus fort , puisque Gerbert est devenu pape, sans qu'il paroisse s'êlre rétracté.

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