‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 114 sur 2407 · VII. Mort de Grégoire II. Grégoire III , pape · texte numérisé non relu

VII. Mort de Grégoire II. Grégoire III , pape

Le nouveau patriarche de Conslantinople, Anastase , envoya sa lettre synodique au pape Grégoire II , qui , le voyant soutenir l'hérésie des Iconoclastes, ne crut pas le devoir reconnoitre pour son confrère , mais il lui écrivit pour l'avertir que, s'il ne revenoilà la foi catholique, il seroit privé du sacerdoce (1). Le pape Grégoire II ne survécut pas long-temps , et fut enterré à Saint-Pierre, le treizième de février, indiction quatorzième, l'an sept cent trente-un, après avoir tenu le saint-siège quinze ans huit mois et huit jours. Il fit cinq ordinations, quatre au mois de septembre , et ordonna trentecinq prêtres et quatre diacres, outre cent cinquante évêques. Il fit faire un calice d'or orné de pierreries du poids de trente livres, et une patène d'or de vingt-huit livres et demie. Il donna au clergé et aux monastères deux mille cent soixante sous d'or , et deux mille pour le luminaire de Saint-Pierre. L'Egfise l'honore entre les saints le treizième de février (2).

De son temps , il y eut quelques ditiférents entre les évêques de Frioul et de Grade. Sérénus , évêque de Frioul , ayant usurpé quelques droits sur Donat, patriarche de Grade , le pape Grégoire II lui écrivit en sept cent vingt-neuf, lui représentant qu'il lui avoit accordé le pallium à la prière du roi des Lombards, mais à condition de se contenler de ce qu'il avoit possédé jusqu'alors, sans faire aucune entreprise sur personne (3). Il lui enjoint donc de se contenir dans ses bornes, qui éloient celles de la domination des Lombards. Il écrivit aussi à Donat, patriarche de Grade, aux évêques, au duc Marcel et au peuple de Vénélie et d'Istrie, les avertissant de prendre gai de que les Lombards ne prissent occasion de ce dilîèrent entre les évêques , pour entreprendre sur leur pays (4). Sérénus éloit proprement patriarche d'Aquilée, résidant à Frioul, et Donat patriarche d'Aquilée, résidant à Grade, sur les terres des Ro-

(1) Anast. in Gr. Theop. (3) Ep. 14, t. 6, Gonc p. an. 13, p. 343. 1450.

(a) Martyr. R. 13 fev. (4) Ep. 15, p. 1451»

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

Ui.

mains. Après la mort de Sérénus, Calliste, homme noble , archidiacre de Trévise , fui ordonné patriarche d'Aquilée à Frioul avec la faveur duroi Luitprand (1 ). Il y avoit à Frioul un évéque particulier qui étoit alors Amator, et le patriarche sujet des Lombards, ne pouvant demeurer à Frioul parce qu'il eût été trop exposé aux incursions des Romains, demeuroit à Cormone (2). Calliste, Oer de sa noblesse, en fut choqué, et ne put souffrir que cet évéque demeurât dans la capitale avec le duc et les Lombards, tandis qu'il étoit avec le petit peuple. Il lit donc en sorte de chasser Amator de la ville de Frioul, et s'établit dans sa maison. Pemmo, qui étoit alors duc de Frioul , en fut irrité ; et, de concert avec plusieurs Lombards, il prit le patriarche Calliste, le mena en un château nommé Ponce , sur le bord de la mer, et l'y voulut précipiter. Mais il se ctmtenta de le mettre en prison , où il ne lui donnoit que du pain. Le roi Luitprand, l'ayant appris, entra en grande colère, ôta la duché à Pemmo, et la donna à son fils Rachis. Après la mort du pape Grégoire II , le saintsiège ne vaqua que trente-cinq jours(3), car, lorsqu'on faisoit ses funérailles , tout le peuple de Rome, comme par inspiration divine, enleva de force le prêtre Grégoire qui y assistoit, et 1 élut pape. C'étoit un Syrien très-doux , très-sage, et bien instruit des saintes Ecritures. Il savoit les psaumes par cœur, et s'étoit ej^ercé à en pëiiétrer les sens cachés ; il savoit le grec et le latin , parloit bien , préclioit avec lorce ^t agrément. 11 étoit grand amateur des pauvres, et donnoit l'exemple de toutes les vertus. Il tin( le saint-siège dix ans et neuf mois. Les anciens auteurs le nomment souvent Gr^oire le jeune, et le confondent quelquefois avec son prédécesseur, principalement les Grecs.

Vin. Première lettre à l'empereur.

Le pape Grégoire III , dès le commencement de son pontificat , écrivit à l'empereur Léon, pour répondre à une lettre qu'il avoit écrite à lui ou à Grégoire II (4). La réponse du pape commence ainsi : Nous avons reçu pendant la quatorzième indiction de votre régne la lettre de votre majesté de la même indiction , et celle de la quinzième , de la première et des suivantes jusqu à la neuvième. Pendant le rè^ne de Léon , l'indiction quatorzième ne se rencontre qu'en l'an sept cent trente-un ; mais par la quinzième et les neuf suivantes , il faut entendre les dix premières an- Tiées de son règne, pendant lesquelles il parut catholique. Le pape continue : Nous gardons soigneusement vos lettres dans l'église de Saint -Pierre avec celles de vos prédéces-

[AndeJ.-C. 731. HAndeJ.-C. 731.]

(1) Paul. diac. V|,Hist.c. (3) Anasl. in Gr. III

(2) Ibid. c. 16

<^j Aiiost. iom. 7, Conc.

seurs. Dans ces lettres, scellées de votre sceau et souscrites de votre main avec le cinabre vous confessez notre sainte foi dans toute sa pureté, et vous déclarez maudit quiconque ose contrevenir aux décisions des ptTes (i). Qui vous oblige donc maintenant à regarder en arrière après avoir si bien marché dix ans durant? Pendant tout ce temps , vous n'avez point parlé des saintes images, et maintenant vousditt»s qu ell(»s tiennent la place des idoles et que ceux qui les adorent sont des idolûlres! Vous ordonnez de les abolir entièrement , ci vous ne craignez point le jugement de Dieu en scandalisiint, non-seulement les fidèles, mais les infidèles. Pourquoi, comme empereur et chef des chrétiens , n'avez- vous pas interrogé les hommes savanset pleins d'expériennv

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