II. Saint Bernouard d'Hildesbeim à Rome
Comme Tempereur Othon III étoit à Rome, Bernouard , évêque d'Hildesheim, y arriva le quatrième de janvier l'an mil un. L'empereur, ravi de la venue de ce prélat, qui avoit été son précepteur, alla au-devant de lui jusqu'à Saint- Pierre , à deux milles de son palais. L'ayant embrassé tendrement il l'entretint long-temps, et pendant les six semaines qu'il demeura auprès de lui, il le fit défrayer libéralement (1). Le sujet du voyage de l'évêque étoit un différent avec l'archevêque de Mayence, son métropolitain,pour un monastère de filles, nommé Gandesem , où l'évêque d'Hildesheim avoit toujours été reconnu pour diocésain , jusqu'à cequeSophie, fille de l'empereur Othonll, étant prête à s'y consacrer à Dieu, dédaigna de prendre le voile delà main d'un prélat, qui ne portoitpas le pallium; et désira que ce fût Villigise, archevêque de Mayence. L'évêque s'y opposa autant qu'il lui fut possible ; mais enfin, à la prière de l'impératrice Théophanie, mère de la religieuse, il consentit que l'archevêque et lui fissent la cérémonie en commun ; en sorte que l'on vit, ce qui parut très-nouveau , deux évêques revêtus pontificalement assis des deux côtés d'un même autel. L'évêque ne laissa pas de demander au roi Othon III, qui étoit présent, s'il consenloit à l'engagement de sa sœur; puis il lui demanda à elle-même si elle lui promettoit obéissance à lui et à ses successeurs, et protesta publiquement que l'archevêque n'a voit aucun droit dans cette église. Les choses demeurèrent
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
An de J.-C. 1001.
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en cet état sous cet év^ue et son successeur , et les sept premières années de IJernouard Mais Sophie se regardant plus comme princesse que comme religieuse, sorlil du monastère malgré l'abbesse, pour aller à la cour, où elle demeura un an ou deux aux dépens de sa réputation. Bernouard l'avertit doucement de rentrer dans son devoir, et comme elle continuoit, elle évita sa rencontre, et chercha Tappui de l'archevêque de Mayence , disant que c'étoil de lui qu'elle a voit reçu le voile , que le monastère étoit dans son diocèse , et qu'elle ne dépendoit en rien de l'évéque d'Hildesheim. Etant de retour à Oandesem, elle sema ces discours parmi les religieuses , et réussit si bien à les aliéner de l'évéque, que quand il y vint , il y fut reçu avec indifférence comme un évéque étranger , et ses remontrances ne furent pas écoutées. Enfin, pour faire la dédicace de l'église du monastère, les religieuses appelèrent l'archevêque Yilligise , et l'évéque Bernouard fut seulement averti d'y assister.
Il y envoya Ecquehard, évéque de Slesvic, qui, étant chassé de son siège par les guerres, s'étoit retiré auprès de lui , et le servoit dans ses fonctions. Il déclara que Bernouard étoit reteim par le service de l'empereur , et pria l'archevêque de ne point entreprendre de faire cette dédicace à son préjudice. Villigise vouloit passer outre, étant jaloux de son coté de la faveur de Bernouard auprès de l'empereur; mais les protestations réitérées de celui-ci l'arrêtèrent. Bernouard fut conseillé de porter sa plainte au pape et à lempereur ; et telle fut la cause de son voyage à Home. Henri, duc de Bavière, et proche parent de l'empereur , au-
f)rès duquel il se trou voit alors , prenoit aussi es intérêts de l'évéque etpressoit le jugement de ce différent , pour rétablir la paix dans l'Eglise (1).