‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1163 sur 2407 · IX. Fin de saint Nil · texte numérisé non relu

IX. Fin de saint Nil

En Italie , saint Nil perdit Etienne, son cher disciple, qui lui servoit de modèle ou d'instrument, si Ion peut parler ainsi, pour corriger les autres (:2). Car si quelqu un s'endormoit dans léglise pendant qu il parloit, c'est sans doute Etienne qui ronlle, disoit-il, et il le mettoit dehors; souvent il le faisoit lever de table comme mangeant indécemment ; enlin , il se prenoit à lui de tout ce que faisoient les autre», afin de les instruire en exerçant la vertu d'Etienne. Il fut sensiblement touché de sa mort, et lui fit faire un sépulcre double des autres , pour y être enterré avec lui quand il mourroit. Mais le prince de Gaète,qui étoit fort pieux, et avoit une grande foi au mérite de saint IS il, ayant appris la raison de ce double sépulcre, dit à ceux qui étoient présents: Pensez-vous quand ce père mourra que je le laisse là, et que je ne l'apporte pas dans ma ville, pour lui servir de sauve-garde? Saint Nil ayant appris ce discours, en fut fort affligé, et résolut de changer de demeure j>our aller en un lieu où il ne fut connu de personne; car il eût mieux aimé mourir misérablement que d'être estimé saint par qui que ce fût. Au contraire, il alïectoit de paroi Ire colère et emporté, jusqu'à scandaliser en effet plusieurs ignorants. \ oulant donc quitter le monastère de Serperis, où il avoit demeuré environ dix ans, il monta à grande peine sur un cheval, tant il étoit affoibli de vieillesse, et s'en alla vers Rome. Comme les frères s'affligeoient de son départ, il leur dit : Je vais préparer un monastère où je rassemblerai tous mes enfants dispersés.

Il arriva à Tusculum à douze milles de Rome, qui font quatre lieues, près d'un petit monastère de Grecs, nommé de Sainte-Agathe. 11 choisit ce lieu pour sa dernière demeure , et il ne fut plus possible de l'en arracher, quel* ques efforts que fissent les frères qui l'accompagnoient , et les grands de Rome qui le venoientvoir, et le ccmjuroient d'y venir du moins à cause des apôtres. Il répondoit : Je ne suis pas digne de nommer les saints apôtres; mais, quand on a tant soit peu de foi, on peut aussi bien les honorer ici. Je n'y suis venu que pour mourir. Grégoire, comte de Tusculum , fameux par sa tyrannie et ses injustices, mais homme d'esprit et de sens , vint trouver saint JSil, se jeta à ses pieds, et lui dit : IMes grands péchés me rendent indigne de recevoir sous mon toit un serviteur de Dieu

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