‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1174 sur 2407 · XXII. Vigbert, évoque de INIersbourg · texte numérisé non relu

XXII. Vigbert, évoque de INIersbourg

Le roi Henri passa ensuite à Mersbourg ,

(1) Ditm. lib. v, p. 58. Sup. Iiv.LVr,D.i2;LYn,30,

pour consoler cette église veuve, depuis si longtemps , et la rétablir dans sa première dignité. Ce fut là que Tagmon fut sacré archevêque de Magdebourg, le jour de la purification, second février, l'an mil quatre. Il fut sacré par Yilligise , archevêque de Mayence, du consentement des suffragants de l'un et de l'autre, qui se trouvèrent présents, et du légat du pape, qui y assista. 11 auroit dû être ordonné par le pape lui-même, mais l'état de ses affaires ne lui permettoit pas d'aller à Rome. En même temps , le roi donna l'évêché de Mersbourg à Yigbert , son chapelain , lui rendant tout ce que Gisilier avoit injustement ôté à celle église; et, pour signe d'investiture, il lui mit en main publiquement le bûton pastoral de l'archevêque Tagmon , qui sacra le nouvel évêque ce jourlà même, assisté de quatre de ses suffragants. Pour récompenser l'église de Magdebourg de cette distraction , le roi lui donna une terre de son domaine , et une partie considérable des reliques de saint Maurice, qu'il tira de sa chapelle. On les transféra solennellement du mont Saint-Jean dans la ville, et , quoique l'hiver fût très-rude et la terre couverte de neige , le roi porta lui-même cette relique nu-pieds.

Yigbert, évêque de Mer.>bourg, naquit dans la Thuringe, et fut instruit par Otric dans l'école de Magdebourg (1). Son beau naturel étant cultivé par une bonne éducation, l'archevêque Gisilier le prit à son service, le tint long-temps auprès de lui dans une intime confiance, et le fit archiprêtre. Enfin ayant écouté de mauvais rapports contre lui , il aliéna tellement Yigbert, qu'il quitta tous les avantages qu'il avoit auprès de lui, et s'attacha au roi Henri, dont il gagna leslM)nnes grâces. Yigbert étoit bien fait et de belle taille, la voix trèsbelle, de bon conseil, éloquent, agréable en conversation, d'une libéralité sans bornes. Il enrichit son église de plusieurs terres, de quantité de livres et d'autres meubles nécessaires au service divin.

Quant à l'archevêque Tagmon , il étoit d'une vie très-pure, plein de justice et de charité, doux , mais ferme et prudent ; sous l'habit de chanoine il menoit la vie d'un moine. Aucun évêque de son temps n'étoit plus familier avec son clergé, il les aimoit et les louoit devant le peuple. Il disoit tous les jours la messe et le psautier, s'il n'en étoit empêché par maladie; et ne pouvant jeûner, il y suppléoit par de grandes aumônes. Ses veilles étoient grandes. Il étoit très-sérieux avant la messe, et plus gai ensuite; il aimoit les nobles sans mépriser ceux qui ne l'étoient pas. Il acquit à son église trois villes , et une terre et des ornements épiscopaux magnifiques.

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