‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1183 sur 2407 · LIVRE CINQUANTE-HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUANTE-HUITIEME

Mais les histoires orientales nous apprennent que ce destructeur du Saint-Sepulcre fut le troisième des califes fatimites Haquenibiamrilla, et non pas son père Aziz : ce.qu il faut reprendre de plus haut. J'ai marque le commencement de la puissance des fatimitcs en Afrique , et les premiers princes de cette race, Mahomet le Méhédi et son fils Caim. 11 eut pour successeur son fils Almansor, et celui-ci son fils Moëzlidinilla, qui conquit ILgypte en trois cent cinquante-huit , de l'hegire neuf cent soixante-neuf de J.-C, et y fut reconnu calife , faisant cesser la prière, qui se faisoit au nom du calife Abbaside , résidant a Bagdad ; ce qui produisit un schisme entre les musulmans (2). Car une partie reconnoissoit toujours le calife Abbaside , et l'autre le calite fatimite ; et ce schisme dura environ deux cents ans. En trois cent soixante-deux , neuf cent soixante-onze, j\loëz fit bâtir une nouvelle ville, qui devint sa capitale, et qui fut nommée Alcaïra, c'est-à-dire la victorieuse, parce qu'elle fut fondée sous l'ascendant de la planète de Mars ; c'est le Grand-Caire. Moëz mourut en trois cent soixante-cinq, neuf cent soixantequinze, et eut pour successeur son fils Aziz-

billa. , , . . .

Celui-ci avoit épousé une chrétienne , dont il eut une fille, et en sa considération il ht patriarches ses deux frères Jérémie de Jérusalem, et Arsène d'Alexandrie, tous deux melquites. Arsène obtint du calife l'église de Notre-Dame , occupée jusque-là par les jacobites, et elle devint l'église patriarcale des

melquites. Aziz mourut en trois cent quatrevingt-six, neuf cent quatre-vingt-seize, et eut pour successeur son fils Haquembiamrilla , âgé de onze ans, qui en régna vingt-cinq (1).

H fut méchant, impie, extravagant, inconstant en ses résolutions , et cruel , jusqu'à faire brûler une grande partie du Caire , et massacrer grand nombre des habitants (2). 11 persécuta les chrétiens et les juifs, et ruina leurs églises et leurs synagogues , ce qui en iit apostasier plusieurs , pour se rondre musulmans ; mais ensuite il leur permit de retourner a leur religion, et de rebâtir leurs oratoires. Enlin il vouloit se faire adorer , et avoit une liste de ceux qui le reconnoissoient pour Dieu , où il en comptoit jusqu'à seize mille. H fut aide dans ce dessein par un imposteur persan, nomme Mahomet, fils d'Ismaël, et surnomme Darari qui vint en Egypte l'an quatre cent huit , nul dix-sept (3). 11 se mit au service de Haquem , gagna ses bonnes grâces, et s'attira ses bienfaits en publiant que ce prince etoit Dieu le créateur de l univers. Le peuple en fut tellement irrité , qu'il résolut la perte de Darari , et un Turc le tua dans le chariot même du calife • puis sa maison fut pillée : on ferma les portes du Caire , et dans le tumulte qui dura trois jours , il y eut quelques Darariens de tués , car cet imposteur avoit fait des sectateurs. „

11 eut même un successeur. Persan comme lui, nommé Hamza, fils d'Ahmed, et surnommé Alhadi , c'est-à-dire le directeur, lient grand nombre de disciples, et établit des docteurs dans l'Egypte et la Syrie. Car elle etoit comprise dans la domination des cailles latimites qui s'étendoit même bien avant dans r \rabie. Hamza prêchoit le libertinage, permettant aux siens d'épouser leurs sœurs, leurs filles et leurs mères, dispensant de tous les exercices de religion, du jeune, de la prière , du pèlerinage. Ses sectateurs étoient en grand nombre; le calife Haquem le protégeoit ouvertement, et suivoit lui-même ses maximes, négligeant ses fonctions de calife et de chef de la Religion, qui étoient de faire la prière et prêcher dans la mosquée le vendredi. 11 nejeunoil point le ramadan, ne célébroit point les deux fêtes des musulmans , et fit même cesser le pèlerinage de la Mecque pendant quelques années.

(1) Chr. Saxo.1012.Cedr.

(2) Sup. liv. LV, n. 23.

Elm. lib. m , p. 227. Bibl.

Or. Moëz. p. 5U5.

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