XXXIX. Concile de Ravenne
L'empereur avoit déjà donné l'archevêché de Ravenne à son frère Arnoul ; mais comme la possession lui en éloit disputée , il le fit alors introniser de nouveau , et consacrer sur le lieu par le pape. Il vouloit aussi faire dégrader Adalbert, usurpateur de ce siège ; mais, à la prière des gens de bien , il lui donna l'évêché d'Aricie (2). Le pape déposa quatre évêques ordonnés par l'archevêque Léon , depuis qu'il avoit perdu la parole.
Le nouvel archevêque Arnoul tint un concile la même année mil quatorze , le dernier jour d'avril, dans l'église de la Résurrection, à Ravenne , où assistèrent Sigefroy , évéque de Plaisance et plusieurs autres , des provinces d'Emilie, de Flaminie et de Pentapole (3). On rapporta à ce concile que pendant la vacance du siège de Ravenne, qui avoit duré onze ans depuis la mort de Frédéric , arrivée en mil trois, il s'étoit commis plusieurs désordres dans la province , entre autres des ordinations illicites, et des dédicaces irrégulières d'églises.
(1) Bern. Aug. de Missa, (2) Diim.p.85.Sup. n. 3. c. 3. (3) To. 9, Conc. p. 833^
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
C'est pDiirqiioi , à la première session du concile, il fut dit que tous ceux qui avoieiit auisi élé ordonnés demeureroient suspens , jusqu à une discussion plus exacte. Le lendemain , le concile ordonna que toutes les églises et les oratoires, consacrés par Adalbert, seroient interdits , et la bénédiction déclarée nulle. Le troisième jour, défenses furent faites, sous peine d'anathéme , à tous les évéques de la province, de vendre le saint-chréme , les recommandations des âmes, les sépultures des morts, et tout ce qui avoit été défendu par les archevêques Gerbert et Frédéric ; défense aux archiprélres de donner au peuple la bénédiction ou la confirmation par le saint-chréme, fonctions réservées aux seuls évoques.