Bibl. P. Labbc, lo. 2, p '112. Chr. ap. Besly
Annal. BeueU. lib. xx.\, u.
*. Post. Op. Cypr. Adem.
(2) Chr. Mallcac.p. 207.
(3) llclg. p. 08.
qùès et de la Pentecôte. Depuis la septuagesime jusqu'à PAques il couchoit sur la terre, et passoil le carême' en pèlerinages. Les ai- I mônes ordinaires du roi Robert a Pans , a Orléans et aux autres villes ou il se|ournoit , ctoicnt de nourrir trois cents pauvres , et quel-
quefois jusqu'à mille , leur faisant donner du pain et du vin en abondance (1). En carême, quelque part qu'il fût, on donnoit tous les jours à cent ou deux cents pauvres du pain , du vin et du poisson. Le jeudi-saint il en servoit au moins trois cents le genou en terre, donnant à un chacun du pain , des légumes , du p<^)isson et un denier ; et cela à tierce. Il en faisoit autant à sexte, puis il servoit cent pauvres clercs , donnant à chacun douze deniers et chantant toujours des psaumes. Enfin après son repas, revêtu seulement d'un cilice, il lavoit les pieds à cent soixante ou plus, et donnoit deux sous à chacun. Ces sous et ces deniers étoient d'argent. En l' honneur des douze ap<)tres il menoit partout avec lui douze pauvres , qui marchoient devant montés sur des ânes et louant Dieu.
Ce bon roi portoit la compassion pour les pauvres et la patience, jusqu'à laisser prendre en sa présence l'argenterie de sa chapelle , et souffrir que l'on coupât h's ornements d'or ou de fourrures qu'il portoit sur lui. llelgaud , moine de Fleury , qui a écrit sa vie , en rapporte plusieurs exemples , comme ses plus belles actions. Il dit aussi qu'à Compiègne le bon prince fit arrêter le jeudi-saint douze hommes , qui avoient conjuré contre sa vie ; qu'il les fit garder dans la maison de Charles le chauve, nourrir splendidement, et le jour de Pâques leur fit donner la communion (2). Le lundi ils furent jugés et condamnés tout d'une voix ; mais le roi leur fit grâce , en considéralion de la nourriture céleste qu'ils avoient reçue , et les renvoya , se contentant de leur défendre de rien faire de semblable. Pour prévenir de faux serments alors si fréquents , il avoit fait faire un reliquaire de cristal orné d'or, mais sans reliques, sur lequel il faisoit jurer les seigneurs ; et un autre d'argent renfermant un œuf de griffon, où il faisoit jurer les gens du commun , comme si la validité du serment n'eût dépendu que des reliques.
Mais ce prince faisoit mieux paroître S(m zèle dans le choix des évêques (3j. Car, dit Glaber, quand un siège étoit vavant , il ne soiig<N)it qu'à le remplir d'un digne sujet, fùt-il de la plus basse naissance. Ce qui lui attira l'indignation et la désobéissance des seigneurs de son royaume , qui ne choisissoient pour ces places que des nobles comme eux ; car la plupart, à l'imitation des rois, se rendoient maitres des élections. Le roi Robert Irouvoit donc souvent de la résistance de la part des seigneurs ses vassaux^ mais il oloil en paix avec les princes souverains ses voisins , savoir : l'empereur Henri , Elhelrtnl, roi d'Angleterre, Raoul, roi de li<3urgogne , et Sanche , roi de Navarre.
Son amitié avec l'empereur parut principaloment dans leur entrevue de l'an mil vingt-
(2) P.Oi,c.
(T Glab. ni, c. 6, Acia SS. 13cn. S«c. 0, p. 25i.
(i) Helg. p. 73.
ii) P. 04, 00.
(3) Glab. Ub. ni, c. 2.
trois, près delà Meuse, qui séparoit leurs états (1). Plusieurs de leur suite disoient qu'il n'etoit pas de leur dignité de passer l'un du coté de l'autre, et qu'ils dévoient se voir sur des barques au milieu de la rivière ; mais l'humilité et l'amitié sincère l'emportèrent. L'empereur Henri se leva du grand matin , et passa avec peu de suite du côté du roi Robert : ils s'embrassèrent tendrement, entendirent la messe célébrée par les évêques, et dînèrent ensemble. Le lOi offrit à l'empereur de grands présents en or, en argent et en pierreries , avec cent chevaux richement enharnac hés , et sur chacun l'armure du cavalier; mais l'empereur ne prit qu un livre d'Evangiles et un reliquaire contenant une dent de saint Vincent. L'impératrice prit une paire de gondoles d'or. Le lendemain le roi, avec ses évêques, passa aux tentes de l'empereur , qui lui offrit de son côté cent livres d'or , mais le roi ne prit non plus que deux gondoles. Ils renouvelèrent leur traité d'alliance , s'entretinrent des intérêts de l'Eglise et de l'état , et convinrent de se trouver à Pavie avec le pape , pour lui faire confirmer ce qu'ils avoient résolu.