LIVRE CINQUANTE-NEUVIÈME
delà cathédrale. Il fut élu par la faveur de damne l'abus des oratoires domestiques ou
rimpératrice Gisèle, reçut le bàlon pastoral les personnes puissantes affectoient tle laire
del'empereur Conrad, et le palliura du pape sonner, d'assembler le peuple, de célébrer
Jean XIX; mais il ne tint le siège de Brème rolTice et même des baptêmes, sous pretex e
et de Hambourg que quatre ans.
XYII. Constitution du patriarche Alexis.
A Constantinople, le patriarche Alexis lit une constitution avec le concile des èvèques qui se trouvoient à la cour, nommé synodos endemousa , par laquelle ils réglèrent divers points de discipline Premièrement, plusieurs évèques faisoient retomber sur les métropolitains les charges de leurs diocèses , et pour en éviter le payement, détournoient leurs revenus et s'absentoient eux-mêmes (1). Je crois qu'il s'agit des contributions que l'empereur prenoit sur les évèques, comme nous avons vu, et que l'on rendoit les métropolitains responsables des non-valeurs de leur province. Pour remédier à ce désordre , il est ordonné que les métropolitains établiront des économes dans les diocèses dont leur est venue la perte, jusqu'à ce qu'ils en soient indemnisés ; et que dans les diocèses dont ils craignent pareil dommage , par la négligence ou la malice des évèques , ils établiront des commissaires pour prendre connoissance avec les èvèques du revenu des églises , en faire rendre compte tous les ans, et employer le revenant bon à l'indemnité du métropolitain , ou le conserver à l'église.
On se plaint encore des évr^ques qui dissipoient les biens de leurs églises , qui prenoient des terres à ferme , et se mèloient indignement d'affaires temporelles ; et on les menace de déposition, s'ils ne se corrigent. On se plaint de ceux qui se dispensoient d'assister aux conciles provinciaux , sans excuse légitime ; et de ceux qui entreprenoient sur les droits de leurs confrères, en ordonnant des clercs étrangers. On défend aux clercs de passer d'une province à l'autre, sans permission par écrit de leur èvèque. Ce qui regardoit principalement Constantinople , où venoient de tous les côtés des clercs coupables ou innocents , ordonnés ou non , et y faisoient impunément leurs fonctions.
On recommande d'observer les bornes de la juridiction ecclésiastique , savoir, que les différents des clercs ou des moines entre eux soient jugés par l'évèque, ceux des èvèques par le métropolitain, ou, en cas de récusation, par le patriarche et son concile , avec défense expresse à tous clercs ou moines de s'adresser à des juges séculiers , suivant les ordonnances des empereurs mêmes , et nonobstant le privilège prétendu par les monastères impériaux. La séance des èvèques est réglée suivant le rang de leurs métropolitains. Enûn on con-
qu'on y avoit planté ime croix par l'autorité du patriarche ou de l'évèque. On défend aux èvèques de donner de telles permissions , et aux prêtres, sous peine de déposition, de célébrer en ces oratoires autre office que la messe, et encore aux jours de fêtes, menaçant d'anathème les laïques qui refuseront de s'y soumettre. Cette constitution porte les noms de vingt-deux métropolitains et de neuf arche-
vêques, par lesquels elle fut acceptée. Elle étoit scellée en plomb à Vordinaire , et datéo du mois de janvier de l'an six mil cinq cent trente-six , qui est l'an mil vingt-sept.