‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1234 sur 2407 · XVIII. Mort de Constantin. Romain Argyre, empereur · texte numérisé non relu

XVIII. Mort de Constantin. Romain Argyre, empereur

L'annè suivante, Tempereur Constantin mourut, après avoir régné cinquante ans avec son frère, et trois ans seul, ne songeant qu'à son plaisir. Il étoit tout occupé de courses de chevaux, entouré de bouffons et de plaisants, et donnoit les gouvernements et les emplois à des eunuques ivrognes et à d'autres personnes indignes (1). Il tomba subitement malade le neuvième de novembre , Fan du monde cinq mil cinq cent trente -sept, de J.-C. mil vingt-huit; et se voyant abandonné des médecins, il songea à se choisir un successeur. Il fil venir le patrice Romain Argyre, et lui dit : Choisissez de quitter votre femme, et d'épouser une de mes iilles, ou d'avoir les yeux crevés. Romain étoit fort embarrassé; mais sa femme, pour le tirer de ce péril, se fit couper les cheveux et entra en religion. L'empereur Constantin avoit trois filles, dont l'aînée, nommée Eudoxie , se fit religieuse ; Théodora, qui étoit la troisième, refusa d'épouser Romain Argyre, soit à cause de la parenté, soit parce que sa femme vivoit encore. Mais la seconde, nommée Zoé, accepta volontiers ce mariage. La question de la parenté fut agitée et décidée par le patriarche Alexis avec son clergé. Romain et Zoé recurent la bénédiction nuptiale; il fut déclaré empereur, et Constantin mourut trois jours après Agé de soixante-dix ans.

Romain Argyre en régna cinq et demi (2).

1 (1} Jo. Anlioch. to. 1. Monum. Gr. Cotel. p. 170.

(1) Cedr. p. 71«>, 721.

(2} Gang. Famil. p. 154.

Il étoit d'une famille ancienne et illustrée par plusieurs grandes dignités, et il fit beaucoup de bien pendant son règne. Sachant que la grande église de Constantinople, dont il avoit été économe, n'avoit pas assez de revenu, il lui assigna quatre-vingts livres d'or par an sur le trésor impérial. Il éleva trois syncelles à la dignité de métropolitains, mettant à Ephèse Cyriaque, frère du patriarche, à Cyzique Démètrius, avec lequel, avant que d'être empereur, il étoit lié d'une amitié particulière, et Michel, parent de Démètrius , à Euchaïte. Il soulagea dans leurs besoins plusieurs personnes tombées dans la pauvreté , particulièrement des ministres de l'Eglise; il fit de grandes aumônes pour le repos de l'âme del'empereur, son beau-père, et donna des biens ou des honneurs à ceux que ce prince avoit maltraités.

Page 1