XXIV. Concile de Limoges. Saint Martial
novembre mil trente-un , on tint un concile à Limoges , où l'archevêque Aimon présida , et neuf évêques y assistèrent , savoir : les cinq qui avoient été au concile de Bourges , et de plus Jourdain de Limoges , Isambert de Poitiers , Arnaud de Pèrigueux , Rohon d'Angoulême (3). L'evêque Jourdain fit l'ouverture de la première session, en se plaignant des vio-
(1) To. 9, pag. 864; to.
, Conc p. 687, E.
(3) To. 9,p.869.
à laquelle je fus présent. Les Limousins disoient : Vous ne faites pas bien de nommor saint Martial le dernier des apôtres ; nous taisons mieux de le nommer le Pf^*»"»^^^ .^^f ^f^^JV fesse " * ' ^ -1" *."
aevoii eirc recuimu apuut., p«t^t- •• -— : , de la race d'Abraham , parent de saint Piern et de saint Etienne , disciple du Seigneur, baptisé par son ordre et de la main de saint Pierre, , ordonné évêque par Jésus-Christ même le jour
de son ascension, et envoyé par lui dans les Gaules , après avoir reçu le Saint-Esprit avec les apôtres, le jour de la Pentecôte (1 ). Ce discours de l'archevêque fut approuvé du roi et de tous les assistants.
On voit ici le fondement de cette opinion , touchant l'apostolat de saint Martial. C'étoit une histoire de sa vie composée sous le nom d'Aurélien , son disciple , où se trouvent tous ces faits, mais qui étoit inconnue avant le dixième siècle, et que tous les savants reconnoissent aujourd'hui pour apcKryphe. Ce que nous savons de plus certain touchant saint Martial , est le peu qu'en dit Grégoire de Tours : savoir, qu'il fut envoyé en Gaule par le pape avec saint Denis et les autres premiers évêques, vers l'an deux cent cinquante, qu'il fut évêque de Limoges , et y prêcha l'Evangile avec grand succès ; enfin qu'il étoit honoré comme confesseur {"2).
Gérauld , abbé de Solignac , se leva ensuite dans le concile de Limoges, et dit : Nous avons chez nous de très-anciens livres, où saint Martial est nommé apôtre ; mais la négligence des ecclésiastiques l'a fait mettre depuis entre les confesseurs, croyant lui faire plus d'honneur en le mettant le premier entre ceux-ci , que le dernier entre les apôtres. Un savant clerc d Angoulême dit entre autres choses : Il y a plusieurs années qu'il vint chez nous deux moines du mont Sinai, savants et vertueux, l'un nommé Siméon , l'autre Côme. Je leur demandai si les Orientaux connoissoient saint Martial, et ils répondirent tout d'une voix qu'ils le connoissoient pour apôtre et pour un (les soixante - douze disciples. Plusieurs autres parlèrent encore dans le concile , alléguant en général d'anciens livres et une ancienne tradition , mais sans spécifier aucun temps précis, et se fondant toujours sur les prétendus actes de saint Martial, dont personne ne contestoit l'autorité. Après de longs raisonnements sur ce sujet, Aimon , archevêque de Bourges, dit : Nous fîmes lire, il y a quinze jours, dans le concile de Bourges, la lettre du pape Jean, envoyée à tous les évêques des Gaules ; et tous les doctes qui y étoient approuvèrent ce qu'elle contient, et que vpus avez institué. Ensuite Jourdain, évêque de Limoges, raconta ce qui s'étoit passé au concile tenu en mil vingt-neuf, et tous se trouvant du même avis , les évêques se levèrent pour aller célébrer la messe dans l'église de Saint-Sauveur; car on tenoit le concile dans la cathédrale dédiée à saint Etienne. L'archevêque de Bourges officia à la prière de l'evêque de Limoges; et après la première oraison , il en ajouta une de saint Martial comme apôtre (3).