LIVRE CINQUANTE-NEUVIÈME
ront pour la paix. On dépouillera les autels dans toutes les églises, comme le vendredi-saint,
et on couvrira les croix et les ornements. On ne revêtira les autelsque pour les messes, et elles se diront à huits-clos. Pendant cette excommunication , personne ne se mariera , personne ne se saluera par le baiser, personne ne mangera de chair ni d'autres viandes que celles dont on use en carême, personne ne se coupera le poil. Tout cela jusqu'à ce que les seigneurs obéissent
au concile. .
On demanda si on rccevroit l'obéissance d un ou de deux seigneurs sans les autres ; et il fut décidé que oui, parce qu'on doit toujours recevoir les pécheurs à pénitence. La terre de ce particulier, ajouta-t-on, sera donc en liberté tandis que les autres seront interdits? Que si tous les seigneurs consentent à la paix , en sorte qu'il n'y ait que quelques gentilsliommes désobéissants, ils seront en particulier sépares de la communion du corps et du sang de notre Seigneur, n'entreront point dans l'église, ne mangeront, ne boiront, ni ne marcheront avec les chrétiens, ne prieront point de linge, ne mangeront point de chair , et ne boiront point devin, ne se couperont point leur poil, ne seront visités par aucun clerc dans leurs maladies , et , s'ils meurent , ils seront laisses a la même place , sans les couvrir de bois m de pierres ; personne ne recevra de leurs biens en aumônes , pour le repos de leurs âmes. Si un évê(iue se laisse fléchir , pour ne pas observer les règlements du concile, il demeurera interdit tant que les autres évêques jugeront a
propos. ,, , ,. .,
On se plaignit au concile que Ion baptisoil dans le monastère de Saint-Martial à Pâques et à la Penteiôle , et que l'on y affranchissoit des serfs ; ce que les clercs de la cathédrale soutenoient ne se devoir faire que chez eux. Mais on représenta que c'ètoit un ancien privilège de Saint-Martial et de quelques autres monastères, à la charge que ceux qui auroientete baptisés seroient présentés le même lour devant révêque dans la cathédrale , pour la conlirmation(l). Quant aux affranchissements, on montra qu'on pouvoit les faire en toutes les églises. On décida que l'on pouvoit prêcher, nonseulement à la cathédrale , mais dans toutes les églises , pourvu que le prédicateur clerc ou moine eut au moins l'ordre de lecteur, et que l'évéque devoit non-seulement ordonner de faire cette fonction si nécessaire , mais en prier tous ceux qu'il en verroit capables, parce que les ouvriers n'étoient que trop rares dans la moisson du Seigneur (2). On décida qu un homme, après avoir commis un homicide volontaire, étant devenu moine, ne pouvoit être promu aux ordres. Sur quoi on rapporta l'exemple d'un particulier qui, ayant tue Etienne, évêque de Clermont, setoit rendu moine à Clugny,pour faire pénitence. Labbc
Odilon, le trouvant capable, vouloit le faire ordonner, et consulta le pape, qui répondit : Il est impossible qu'un tel homme soit promu à aucun ordre, puisqu'il ne doit même ni offrir entre les mains du prêtre, ni communier, sinon à la mort en viatique.