‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1262 sur 2407 · XLV. Révolution en Hongrie · texte numérisé non relu

XLV. Révolution en Hongrie

En Hongrie, après la mort de saint Etienne , Pierre, fils de sa sœur , fut recomm roi ; mais comme il étoit de race allemande , il voulut donner à des Allemands les gouvernements et les charges ; de quoi les Hongrois irrités choisirent pour roi Ouon ou Aba, beau-frère de saint Etienne; et Pierre, obligé de s'enfuir la troisième année de son régne, se retira en Allemagne près le roi Henri le noir (3).Cependanl Ouon répandit beaucoup de sang , et fit mourir cruellement les personnes les plus considérables du conseil , durant le carême apparemment de l'an mil quarantc»-un. Ensuite il vint pour célébrer la PAque à Chonad, capitale de la province Morisst'ne, dont Gérard étoit évêque. Ce prélat étant invité, de la part des évêques et des seigneurs , à venir couronner le nouveau roi , le refusa ; mais les autres évêques lui mirent la couronne. Car cétoit l'usage de ce temps-là , que les rois recevoient des évêques la couronne à toutes les grandes

fêtes.

Le roi Ouon entra donc dans l'église cou-

An de J.- C. I0i5. ]

ronné , avec une grande suite du clergé et de peuple ; mais l'évêque Gérard monta à la tribune, et parla ainsi au roi par interprète, car il ne parloit pas hongrois : Le carême est institué pour procurer le pardon aux pécheurs et la récompense aux justes. Tu l'a profané par des meurtres, et en me privant de mes enfants, tu m'asôléle nom de père. C'est pourquoi tu ne mérites point aujourd'hui de pardon ; et comme je suis prêt à mourir pour Jésus-Christ , je te dirai ce qui te doit arriver. Lt troisième année de ton régne, le glaive ven- ^Qur s'élèvera contre toi , et tu perdras avec la vie le royaume que tu as acquis par la fraude et la \ iolence. Les amis du roi , qui en- Icndoient le latin, surpris de ce discours, faisoienl signe à linterprète de se taire , voulant irarantir l'évêque de la colère du roi. Mais l'évêque voyant que la crainte laisoit taire l'interprète, lui dit : Crains Dieu, honore le roi , déclare les paroles de ton père. Enfin il lobligea à parler ; et l'événement fit voir que l'évêque avoit l'esprit de prophétie. Il prédit encore qu'il s'éléveroit dans la nation une violente sédition dans laquelle il mourroit luimême.

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