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LIVRE CINQUANTE-NEUVIÈME

(\) Sup. xi.n, n. 5.

(i) Cedr. p 758. Sup.

liv. LVlM, n. 61.

{\i) Chr. Jo.de Thuroez.

c. 35, 30. Vita S. Gerardi Sur. ii sept, et Ad. lit». S*c. 0. p. 030.

XLVL Saint Gérard de Hongrie.

Gérard étoit Vénitien , et dès l'enfance avoit reçu l'habit monastique. Ayant entrepris d'aller en pèlerinage à Jérusalem, il passa en Hongrie, où le roi Siiint Etienne goûta tellement sa doctrine et sa vertu , qu'il le retint malgré lui , jusqu'à lui donner des gardes. Gérard se relira dans le monastère de liéel , que le saint roi avoit bâti à la prière de l'ermite Gunther , et y passa sept ans , s'exerçant au jeûne et à la

v-ui^-x^j^iim;». 1^' rui î»aini riiienne ayant eianii la tranquillité dans s(m royaume , tira Gérard de sa solitude, le fit ordonner évêque , et l'envoya prêcher à son pc^uple : dont il se fit tellejnenl aimer , que tous le regardoient comme leur père. Le nombre des fidèles croissant , le winl roi fonda des églises dans les principales villes , et mit l'évêque Gérard dans celle de Chonad, dédiée à saint George. Là il y avoit un autel de la vierge, devant lequel étoit un enœiisoir d'argent, où deux vieillards faisoient orùler continuellement des parfums, et tous les samedis on y disoit l'ofiice de la vierge à neuf leçons. Car le roi Etienne et toute la llongrie avoient une dévotion particulière à la Sainte-Vierge.

L'évê(iue Gérard avoit grand soin de tout ce qui regarde le service divin , disant que la foi u<<it être aidtHî par ce qui est agréable aux ^ns. C'est pourquoi il gardoit le meilleur vin l><>ur le saint sacrifice ; et l'été il le faisoit jueltre à la glace. Pour se mortifier il se levoit Il nuit, prenoitune cognée, et alloitseul à la i '^rèl coui)er du bois. Dans ses voyages il ne |

montoit pas à cheval , mais dans un chariot pour s occuper de saintes lectures. Il trouva moyen d'accorder la vie solitaire avec l'épiscopat , bâtissant des cellules prés des villes où il a loit prêcher , dans les lieux des forêts les plus écartes , pour y passer la nuit. Tel étoit ce samt évêque.

Ouon, pour se venger du roi d'Allemagne (1) qui avoit reçu chez lui le roi Pierre, entra en l^aviere l'an mil quarante-deux, et y fit de grands ravages. Cette guerre dura deux ans ; mais enfin lan mil quarante-quatre le roi Henri mit en possession Pierre , qui peu de temps après prit Ouon , et lui fit couper la tête. Ainsi fut accomplie la prophétie de saint Gérard.

La même année mil quarante-quatre, le roi Henri assista à un concile tenu à Constance oii il remit premièrement tout ce qui lui étoit dû; puis il réconcilia tous les seigneurs de Souabe et tous les autres qui avoient des inimitiés ; enfin il établit une paix inouïe jusqu'alors, et la confirma par édit, non-seulement dans cette province , mais dans toutes le» autres de son royaume (2). Ensuite Henri, qui etoit veuf, épousa Agnès, fille de Guillaume V, duc d'Aquitaine, et la fit couronner a Mayence.

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