‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1284 sur 2407 · LXVI. Concile de Rome · texte numérisé non relu

LXVI. Concile de Rome

Le concile de Rome fut tenu après Pâques, qui cette année mil cinquante éloit le quinzième d'avril. Il s'y trouva grand nombre d'évêques, d'abbés et d'autres personnes pieuses de divers pays, entre lesquels étoit Lanfranc (3). Le pape Léon, à qui 1 hérésie de Bérenger avoit été déférée, fit lire devant tout le concile sa première lettre à Lanfranc , touchant l'eucharistie , qui avoit été apportée à Rome par un clerc de Reims. Car l'envoyé de Bérenger, qui en étoit porteur, n'ayant point trouvé Lanfranc en Normandie , donna cette lettre à quelques clercs , qui , layant lue et

(1) Post. Lanfr. p. 08.

i) Sup. n. 62.

(3) Herm. contr. ann.

Lanfr. de Corp. D. c. i.

l'ayant trouvée contraire à la foi commune de l'Eglise, la firent lire à d'autres, et en expliquèrent le sens fort au long. De là vint que Lanfranc fut soupçonné d'approuver les sentiments d'un ami qui lui écrivoil de la sorte.

Par la lecture de celte lettre , le concile vit que Bérenger relevoit Jean Scol, condamnoit Pascase , et avoit des sentiments contraires à la foi touchant l'eucharislie. C'est pourquoi on prononça une sentence de condamnation, par laquelle il fut privé de la communion de l'Eglise. Ensuite le pape ordonna à Lanfranc de se lever, et , pour dissiper les mauvais bruils répandus contre lui, d expliquer sa foi et la prouver par des autorités plutôt que par des raisonnements. Il se leva, expliqua ses sentiments, et les prouva si bien , qu'ils furent approuvés de tous , sans que personne y trouvât rien à redire. Après quoi le pape indiqua le concile qu'il devoit tenir à Verceil le premier de septembre prochain.

A ce concile de Rome, se présentèrent les députés de l'archevêque de Tours , pour confirmer la plainte qu'il avoit formée au concile de Reims l'année précédente , contre le prétendu archevêque de Dol et les évêqucs d<' Bretagne, que Ion acrusoit même d'être simoniaques. Le pape leur avoit ordonné de venir au concile de Rome; mais il n'y vint que les députés de Tours, les Bretons n'y comparurent point. C'est pourquoi le pape écrivit au duc de Bretagne et aux seigneurs du pays une lettre où il dit : Nous avons trouvé dans les écrits des anciens que tous les évêques de votre pays doivent être soumis à l'archevêque de Tours ; comme il est porté entre autres par les lettres du pape Nicolas à Salomon, roi de Bretagne. Ensuite il déclare excommuniés les évêques de Bretagne , avec défense de célébrer l'office divin et de donner la bénédiction (1). 11 recommande au duc de se soustraire de leur communion , et leur enjoint de se trouver au concile de Yerceil , s'ils veulent répondre aux plaintes de l'archevêque de Tours et se purger de l'accusation de simonie.

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