‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1300 sur 2407 · LIVRE CINQUANTE-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUANTE-NEUVIÈME

(1) To. 49, Conc. p. 989 to7.

Pt 1071. V. xMabill. SaîC. 5, (3) Herm. Chr. V. Ma-

lîen D 113. bill.SaBC. G, part. 1, p. 3.

(à) Duchesne, to. i, p. Chr. Saio. Abb. Ursperg.

LXXXl. Concile en Italie.

En retournant en Italie , il célébra à Augsbourg la purification de l'an mil cinquantetrois, et la quinquagésime à Mantoue. Là il voulut tenir un concile , mais il fut trouble par la faction de quehiues évêques qui craignoient sa juste sévérité (3). Car leurs domestiques vinrent insulter ceux du pape qui se croyoient en sûreté, étant devant l'eglise ou on tiMioit le concile; en sorh» que le pai)e fut obligé de se lever et d(î sortir devant la porte pour faire cesser le bruit. Mais, sans respecter sa présence, ils s'opiniAlroient de plus en plus à poursuivre à main armée ses gens désarmes, et les retirer de la porte de l'église, ou ils

(1) Herm. Chr. Cass. (2) Herra. xx) c. f3> Viia 11, c. 8.

vouloientse sauver; en sorte que les flèches et les pierres voloient autour de la tête du pape, et quelques-uns furent blessés, voulant se cacher sous son manteau. On eut tant de peine à apaiser ce tumulte, qu'il fallut abandonner le concile ; et le lendemain , comme on devoit examiner les auteurs de la sédition pour les juger sévèrement, le pape leur pardonna, de peur qu'il ne parût agir par vengeance.

Il arriva à Rome pendant le carême, et tint un concile après Pâques, comme les années précédentes, dont il ne nous reste qu'une lettre aux évêques de Vénétie et d'Istrie, en faveur de Dominiquo, patriarche de Grade, autrement la nouvelle Aquilée, portant qu'elle sera reconnue mèlropole de ces d(»ux provinces, suivant les privilèges des papes, et que l'évêque de Frioul sera renfermé dans la Lomhardie , suivant les constitutions de Grégoire II et Grégoire III (1). Ainsi fut terminée cette ancienne contestation.

LXXXn. Le pape pris par les Normands.

Après ce concile, le pape marcha contre les Normands avec ses troupes (2). Ils demandèrent la paix, offrant de se rendre ses vassaux, et de tenirde lui cequ ils avoient usurpé des terres de l'Eglise; mais le pape refusa ces propositions, voulant qu'ils rendissent absolument ce qu'ils avoient pris de force, et leur ordonnant de s'en retirer. Les Normands, qui eloient en bien plus grand nombre que les Iroupes du pape, rejetèrent sa proposition comme impossible, et dirent qu'ils défendroient par les armes le pays qu'ils avoient conquis par les armes, ou qu ils y mourroient. Ainsi on en vint à une bataille, qui fut donnée le dix-huitième de juin. Les Allemands, qui

(t) Léon. Ep. 2. •iv. XLii, n. 7.

Sup. (2) Herm. Chr.

chargèrent les premiers, battirent les Normands, et ils furent presque défaits; mais leur corps de réserve ayant surpris et environné les troupes du pape, les Italiens lâchèrent le pted aussitôt; la plupart des Allemands furent tués en se défendant vaillamment. Ainsi les Normands remportèrent une pleine victoire, mais très-sanglante; soit, dit Herman, auteur du temps, parce qu'il convenoit mieux

au pape de combattre par les armes spirituelles que par les matérielles , pour des biens de ce monde ; soit parce qu'il menoit avec lui grand nombre de méchants , attirés par l'impunité de leurs crimes, ou par l'espérance de contenter leur avarice ; soit que la justice de Dieu punit les nôtres pour quelque autre cause que lui seul connoît.

Le pape altendoit l'événement du combat dans une petite ville voisine, où les Normands l'assiégèrent; et, ne pouvant s'y défendre, il fut obligé de les absoudre de l'excommunication prononcée contre eux , et de se rendre lui-même. Ils le menèrent avec honneur à Bénévent , mais ils l'y retinrent la plus grande partie de l'année, c'est-à-dire depuis le vingttroisième de juin mil cinquante-trois, jusqu'au douzième de mars mil cinquante quatre. Il prit grand soin de la sépulture de ceux qui avoient été tués en ce combat, et les fit mettre dans une église ruinée qui se trouv> proche ; mais les Normands eux-mêmes la re bâtirent et y fondèrent un monastère. Pendanv ce séjour à Bénévent, le pape menoit une vie très-auslère (1). Il couchoit à terre sur un tapis , étant revêtu d'un cilice sur la chair avec une pierre pour chevet. Il dormoit peii et récitoit toutes les nuils le psautier avec des génuflexions innombrables. Il disoit encore le psautier pendant le jour, outre la messe et quantité d'autres prières. Il faisoit aussi des aumônes immenses à tous les pauvres qui se présentoient.

(1) Chr. Cass. lib. ii, c. 87. Vitac. 12.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

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