I. Inondations des barbares
Les beaux jours de VE-lise sont passés, mais Dieu n a pas rejeté son peuple m oublie ses promesses. Re-ardims avec crainte les entations dont il a permis que son E^bse lui attaquée pondant les cinq siècles qui ont suivi lessi\ premiers; ot considérons avec actions de grâce les moyens quila employés pour la soutenir. Ce sont des objets dignes de notre
*^^ Rome ! Idolâtre , souillée de tant de crimes et enivrée du sang de tant de martyrs devoit être punie, et la vengeance divine devoit éclater sur elle à la face de toutes les nations Saint Jean, l'ayant appris de Jesus-Christ méme,avoit dépeint dans son Apocalypse par des images affreuses, la chute de cette nouvelle Babylone L'exécution suivit en son temps : Rome cessa d'être la capitale de 1 empire depuis que Constantin en eut transfère le Tiége à Byzance ; et depuis que l'empire futpartaffé les empereurs d'Occident résidèrent a Ravenne à Milan et partout ailleurs qu'à Rome. Ainsi , elle perdit peu à peu son éclat , ses richesses, son peuple. Nous avons vu la triste peinture qu'en faisoit saint Grégoire Cependant elle fut prise et pillée plusieurs fois par les barbares , qui ravagèrent et mirent en pieces tout lempire d'Occident. Or, je compte cette inondation des barbares pour la première tentation extérieure de l'Eglise depuis les persécutions des empereurs païens ( 1 ) .
Car ces barbares , dans les commencements détours courses, remplissoient tout de sang ot de carnage, brùloient les villes entières, niassacroient les habitants ou les emmonoient
esclaves , jetoient partout la terreur et la désolation. Les persécutions les plus cruel es sous l'empire romain n'étoient m continuelles ni universelles, et il restoit un peuple de païens, de même langue et de mémo nation que les chrétiens. Ils les écoutoienl souvent et se convertissoient de jour en jour. Mais ou il ne reste plus d hommes il n'y a plus d'églises. Et comment convertir dos brutaux toujours armés , toujours courant au pillage, et dont on n'entend pas la langue»
De plus, ces barbares, qui ruinèrent 1 empire romain , étoient ou païens ou hérétiques , en sorte que, même après les premières fureurs , quand ils furent assez apprivoisés avec les Romains pour s'entendre l'un l'autre et s(^ parler de sang froid , les Romains leur éloient toujours odieux par la diversité de religion. Vous avez vu la cruelle persécution des Vandales
en Afrique (1). .
Ces barbares, il est \rai, se convertirent , les uns plus tôt, les autres plus tard ; et , dans leur conversion, Dieu ne lit pas moins éclater samiséricordequedansla punition des Romains il avoit signalé sa justice. Mais les barbares , endevenant chrétiens, ne quittèrent pasentière-
ment leurs anciennes mœurs : ils demeurèrent la plupart légers, changeants, emportés , agissant plus par passion que par raison (2). Vous avez vu quels chrétiens c'etoient que Clovis et ses enfants. Ces peuples continuoient dans leur mépris pour les lettres et pour les arts , no s' occupant que de la chasse et de la guerre. De là vint l'ignorance , même chez les Romains leurs sujets. Car les mœurs de la nation dominante prévalurent toujours, et les études languissent si l'honneur et lintérêt ne les soutiennent.
(\) Mtf iirs lies chrél. c. Hist. liv. x\xv,n. iO. Hom. ,. Anocal. xvii, xviii. 18, in l':zech.