‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1305 sur 2407 · V. Pèlerinages · texte numérisé non relu

V. Pèlerinages

Les pèlerinages furent une suite de la vénération des lieux saints et des reliques , principalement avant l'usage de les transférer (3). Ils étoient plus faciles sous l'empire romain par le commerce continuel des provinces ; mais ils ne laissèrent pas d'être très-fréquents sous la domination des barbares , depuis que les nouveaux royaumes eurent pris leurs consistances. Je crois même que les mœurs de ces peuples y contribuèrent ; car, ne s'occupanl que de la chasse et de la guerre, ils étoient dans un continuel mouvement. Ainsi les pèlerinages devinrent une dévotion universelle des peuples et des rois , du clergé, des évêques et des moines. J'ose dire que c'étoit préférer un petit accessoire à l'essentiel de la religion , quand un évêque quittoitson diocèse pendant des années entières pour aller de l'extrémité de la France ou de l'Angleterre à Rome , ou même à Jérusalem ; quand des abbés ou des moines sortoient de leur retraite ; quand des femmes ou même des religieuses s'exposoient à tous les périls de ces grands voyages (4). Vous avez vu par les plaintes de saint Boniface les accidents déplorables qui en arri voient. Il y avoit sans doute plus à perdre qu'à gagner ; et je regarde ces pèlerinages indiscrets , comme une des sources de relâchement de la discipline : aussi s'en plaignoit-on dès le commencement du neuvième siècle (5). Mais ce fut principale-

(1) Luc. XIH, 20.

(•2) Jcrem. vu, 4.

(3) Mœurs chr(:'t. n. 44.

(4) Bonif. Ep. 105. Uisl.

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