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VIII. Clercs chasseurs et guerriers

(1) Hist. liv. xLii, n. 28; (2) Hist. liv. xxxii, v. XLvi, n. 1. Episl. liv. xuv, 32; liv. xxxviii, n. 50. ». 30. (3) Hist. I. LV, n. 31.

(4) Hist. I. LV, D. 30.

Un autre effet de la domination des barbares, c'est que les évêques et les clercs devinrent chas.seurs et guerriers comme les laïques: ce qui toutefois n'arriva pas sitôt , car, dans les commencements, les barbares, quoique chrétiens, n'étoient pas admis dans le clergé. Outre l'ignorance, leur férocité et leur légèreté naturelle empêchoient de leur confier l'administration des sacrements et de la conduite des àmes.Cene fut guère qu'au septième siècle qu'ils entrèrent indifféremment dans les ordres , autant que je puis juger par les noms des évêques et des clercs qui , jusque-là , sont presque tous Komains : aussi ne voyons-nous que depuis ce temps des défenses aux clercs de porter les armes , de chasser et de nourrir des chiens et des oiseaux pour le plaisir (1). Or, l'exercice violent de la chasse, l'attirail et la dépense qui en sont les suites, ne s'accordent pas avec la modestie cléricale , avec l'étude, la prière, le soin des pauvres , l'instruction des peuples une vie réglée et mortifiée.

L'exercice des armes est encore plus éloigné ; cependant il devint en quelque façon nécessaire aux évêques, à cause des biens ecclésiastiques, car ce fut en ce temps-là que s'établit le droit d s fiefs. Sous les deux premières races de nos rois , et bien avant dans la troisième, la guerre ne se faisoit point par des troupes enrôlées et soudoyées , mais par ceux à qui les princes et les seigneurs avoient donné des lerres , à la charge du service. Chacun savoit ce qu'il devoit fournir d'hommes, de chevaux et d'armes , et il devoit les mener lorsqu'il étoit commandé. Or, comme les églises possédoient dés lors de grandes terres, les évêques se trouvèrent engagés à servir l'état comme les autres seigneurs. Je dis les évêques , car tous les biens ecclésiastiques de chaque diocèse étoient encore administrés en commun sous leur autorité ; on n'en avoit distrait que les biens des monastères : ces portions attribuées à chaque clerc, que nous appelons bénéfices , n'étoient pas encore distinguées , et ce que l'on appeloit alors bénéfices étoient ou des fiefs donnés à des laïques, ou l'usufruit de quelques fonds de l'Eglise accordé à un clerc pour récompense ou autrement, à la charge de revenir , après sa mort, à la masse commune (2).

Les évêques avoient leurs vassaux obligés à servir à leur ordre pour les fiefs qu'ils tenoient d'eux ; et quand l'évêque lui-même étoit mandé par le roi , il devoit marcher à la tête de ses troupes. Charlemagne, trouvant ce droit établi , voulut bien s'en relâcher à la prière de sou

(1) Concil. Epaon. c. 4, (2) Liv.xxx,n.54;XXXl, Cabilon. II, ç. 9. I. Lxxxii, n.59.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

peuple , et il dispensa les évoques de servir en personne, pourvu qu'ils envoyassent leurs vassaux (1). Mais ce règlenaent fut mal observé, et nous voyons, après comme devant, des évoques armés , combattants , pris et tués à la guerre.

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