XIX. Succession d'évéques
Premièrement, la succession des évèques a continué sans interruption dans la p uparl des églises depuis leur première inonda lu m. Nous avons la suite des èvéques de chaque siège dans les recueils intitules la Gaule chrétienne, l'Italie sacrée et les autres semblables : les rebelles de la perte de l une ei ae i auu.. plusieurs églises ont ^^'"^J J:f ^^^^^^^^^'^
sant la parole à saint Pierre, il le prie d ôter à ce prince la force des arnaes et la victoire (3). Afin , ajoute-t-il, de faire voir à tout le monde que vous avez tout pouvoir au ciel et sur la terre II croyoit sans doute que Dieu , qui connoissoit la bonté de sa cause et la droiture de ses intentions, exaucera sa prière; mais Dieu ne fait pas des miracles au gre des hommes et il semble qu'il voulut confondre la témérité de cette prophétie. Car, quelques mois après, il se donna une sanglante bataille, où le roi Rodolphe fut tué , quoique le pape lui eut promis la victoire ; et le roi Henri , tout maudit qu'il étoit, demeura victorieux. Ainsi la maxime que Grégoire supposoit se tournoit contre lui-même ; et , à juger par les événements , on avoit lieu de croire que sa conduite n'étoit pas agréable à Dieu. Loin de corriger le roi Henri , il ne fait que lui donner occasion de commettre de nouveaux crimes : il excite des guerres cruelles qui mettent en feu l'Allemagne et l'Italie; il attire un schisme dansrEglise,onrassiégelui-mêmedansRome,
il est obligé d'en sortir, et d'aller enfin mourir en exil à Salerne.
Ne pouvoit-on pas lui dire : Si vous disposez
(1) DeVeraRelig. c. 16, n- 31. Jo. xvui, 36. Luc.
(2) 1 Pet. 11, 13, 18 Kom. XIII, 1, 2, etc.
(3j Uist. llY. I^MU; n. L
dans d'autres actes authentiques. C est la preuN e de la tradition. Car, dans tous ces lieux ou nous voyons un èvêque, il est certain qu il y avoit une église, un clergé, 1 exercice delà religion, une école chrétienne; et on est en droit de supposer qu'on y enseignoit la même doctrine que dans les autres églises catho iques, tant que Ion trouvoit cette église particulière en communion avec elle. L mdiginte des pasteurs n'a point interrompu cette tradition Qu'un èvêque ait été simoniaque avare, débauché, ignorant, pourvu f .'^ V^^;*^,;;; hérétique ni schismatique , la toi et les règles de la discipline n'auront pas laissé de se con server dans le corps de son église, quoique son mauvais exemple ait pu nuire à quelques particuliers.
C'est ce qui est arrivé principalememt a Rome. Dieu a permis que, pendant le dixième siècle, ce premier siège fut rempli de sujets indignes , par l'infamie de leur naissance ou par leurs vices personnels; mais il na pas permis qu'il s'y soit glissé aucune erreur cchvtre la saine doctrine, m que l indignité dis personnes nuisît àl'autorité du siège. Ces temps, d'ailleurs si malheureux, n'ont point eu de schisme; et ces papes, si méprisables en euxmêmes , ont été reconnus pour S^J^^^^^^^Cw l'Eglise, en Orient comme eu Occident, et Uaub
les provinces du Nord les plus reculées. Les | archevêques leur demandoienl le pallium , et on s adressoit à eux comme à leurs prédécesseurs pour les translations d'évéques , les érections des nouvelles églises , les concessions des privilèges. Sous ces indignes papes, Rome ne laissoit pas d'être le centre de l'unité catholique.