‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1342 sur 2407 · LIVRE SOIXANTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTIÈME

(3) 1 Cor. v, 6. Gal.V, 9.

cite des piissages de saint liasile, pour ne pas user de viandes recherchées sous prétexte d'abstinence : il rapporte aussi l'exemple de saint Pacôme, qui nourrissoit des iR>rcs pour les faire manger aux hôtes, et en donnoit les pieds et les entrailles aux moines infirmes.

(l) Ibid. p, 145, c. 3.

(2) Sup. Uv. x.\-\iii, n.i^.

Mais le plus grand mal, ajoute-t-ii (1), e'est 1 addition au symbole; et il s'étend sur cet aride, qu'il juge digne d'analhéme. Il croit que J on peut excuser l'autre addition : Un saint un seigneur Jésus-Christ, et le reste, que 1 on attnbuoit aux Latins, et qui semble marquer la fin du Gloria in excelsis. Puis il continue : Nous devons regarder la bonne inten- J«on, et, quand la foi n est point en péril me mer plutôt à la paix et à la charité fraternelle. Ceux-ci sont aussi nos frères, quoiqu'il leur arrive souvent de manquer par rusticité ou par Ignorance. Et il ne faut pas chercher la même exactitude chez des nations barbares que chez nous, qui sommes nourris dans l'étude. C'est beaucoup qu ils conservent la saine doctrine sur la trinité et rincarnation.

Toutefois, nous n'approuvons pas qu'ils déondent aux prêtres qui ont des femmes légitimes de toucher aux choses saintes, ni qu'ils quittent en même temps la chair et les laita-es au commencement du carême. Quant à la question des azymes, je Tai suffisamment traitée dans ma lettre à l'évêque de la Vénétie et celte pratique ne peut se soutenir que par I ancienne coutume. Pour l'usage des viandes sulloquees et les mariages des deux frères avec es deux sœurs, je ne crois pas que le pane ni les autres évéques le permettent. Ce sont des excès commis par les particuliers, comme il s en commet à notre insu dans l'empire Vous Irouverez bien des gens à Constantinople même qui mangent du sang de porc , et l'on v voit du Doudin exposé sur les boutiques. Nous négligeons quantité d'abus qui se commettent chez nous, tandis que nous recherchons si curieusement ceux des autres.

Vous ferez bien d'insister sur l'addition au symbole et le mariage des prêtres ; mais on peut mépriser le reste, dont peutnHre la plus grande partie est fausse ; car nous ne devons pas croire aisément de vaines calomnies. Il laut donc que vous écriviez au pape quand il y en aura un d'élu ; peut-être reconnoitra-t il la vente, et peut-être dira-t-il pour sa défense que ces reproches sont faux. Car comment peut-on croire qu'ils n'honorent pas les reiiques, eux qui se glorifient tant d'avoir celles de saint Pierre et de saint Paul? et comment peut-on dire qu'ils n'honorent pas les images après que le pape a présidé au septième concile et anathèmalisé les iconoclastes? Vous avez a Constantinople tant d'images apportées de Home, parfaitement semblables aux originaux ^i nous voyons ici les pèlerins francs entrer dans nos églises et rendre.toutes sortes d'honneurs aux saintes images.

Je vous conjure donc , me jetant en esprit à >os pieds, de vous relAcher et d'user de condjscendance, de peur qu'en voulant redresser ce qui est tombé vous ne rendiez la chute plus grande. Considérez que, de cette longue divi-

sion entre notre église et ce grand siège apostolique, sont venus toutes sortes de malhebrsles royaumes sont en troubles , les villes et les provinces désolées, nos armées ne prospèrent nulle part. Pour dire mon sentiment sllsL corrigeoient de l'addition au symbo e e ne

tZfr'' 'r .^' P^"^ ' '' je tik^eroi^ même la question des azymes comme indifférente. Je vous prie de vous rendre à cet avis de peur qu'en demandant tout nous ne nerdions tout. Et ensuite , vos lettres aux patriarches d Alexandrie et de Jérusalem leur ont été envoyées. Je vous ai envoyé la copie de la lettre que le défunt pape nia écrite Elle est en latin , parce que je n'ai pu trouver personne pour la bien traduire en ffrec C^^t pourquoi je l'ai fait copier au Franc qui me 1 a apportée , et qui sait écrire en latin : vous pourrez la faire traduire fidèlement. Je prie

JcndL'nce ^'''' "*" ^"""^ '"'P'""" ^^ '^"^^s- XIV. Réplique de Michel.

loi?îô D- ^^^"j?r"^ Ti^V^m^ par une seconde lettre a Pierre d'Antioche , où , après avoir répète que les légats du pape étoient des imposleurs envoyés par Argyre avec des let^es fausses, il ajoute : Ils se vanloient d'être venus pour nous corriger et non pour pervertir les leurs (i). Pour moi , j'ai évité de leur parler et de les voir, sachant qu'ils sont incorrigibles dans leur impiété, et jugeant qu'il etoit indigne et contraire à la coutume établie de traiter de telles affiiires avec les légats du pape, sans vous et les autres patriarches. Mais , poussant plus loin leur audace ils ont jele sur l'autel de la grande église un écrit portant anathéme contre toute l'église orthodoxe , parce qu'elle ne reconnoît pas que le Saint-Esprit procède du père et du fils et toutes leurs autres erreurs. '

Le meilleur étoit de brûler cet écrit impie • mais on ne l'a pas fait, parce qu'il avoit été mis suri autel publiquement. Nous n'avons pas cru non plus devoir tirer vengeance de ceux qui nous insultoient de la sorte, pour ne pas donner aux Romains occasion de scandale d autant plus que celui qui paroissoil le chef ue la légation ,se disoit chancelier de l'église romaine et cousin du roi et du pape. Cepen dant nous avons analhématisé cet écrit impie dans la grande salle du conseil par ordre de 1 empereur, après avoir exhorté fortement ces légats à venir devant nous renoncer à leurs erreurs. Mais ils ont menacé de se tuer euxmêmes si on conlinuoit de les presser JVous vous écrivons ceci, afin que vous sachiez ce qui s est passe , et que, si on vous'en écrit de Home, vous répondiez avec la circonspection qui vous convient. Je vous envoie ces lettres pour les autres patriarches, entièrement conlormes a celle-ci , parce que je n'ai trouvé per-

(1) Ap. Goleler. to. 2, p. 102, c. 3.

^g^ HISTOIRE DU CHRISTIANISME.

sonne pour les envoyer sûrement Vous les leur ferez tenir, et vous y joindrez les vôtres pour les encourager à soutenir la loi ortliodoxe , et les instruire de ce qu'ils ont a repondre en cas qu'on leur parle de ce qui s est passé à Rome.

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An de J.-C. 1055. ]

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