XVI. Concile de Narbonne
En France, la même année mil cinquantequatre, indiction septième , le vingt-cinquième d août, on tint à Narbonne un concile de dix évéques (3), savoir , Guifroy, archevêque de Narbonne, président, Bernard de Réziers, Gonthierd'Agde, Pxostaing de Lodève, Arnaud de Magnelone, Frotier de Nîmes , Guifroy de
Carcassonne , Bérenger de Gironne, Guifroy de Barcelone, elGuillaurae d'Alby. L'archevêque procura la tenue de ce concile par la protection du comte Pierre Raymond et du vicomte Bérenger ; il y assista grand nombre d'abbés et de clercs, de nobles et d'autres laïques : le principal but étoit de confirmer la trêve de Dieu , et on y fit vingt-neuf canons (l). On renouvela donc la défense aux chrétiens de se faire aucun mal depuis le mercredi au soir jusqu'au lundi matin , et d'ailleurs depuis le premier dimanche de l'Avent jusqu'à l'octave de l'Epiphanie, depuis le dimanche de la Quinquagésime jusqu'à l'octave de Pâques , et pendant les autres jours de fêtes et de jeunes qui sont spécifiés : le tout sous peine d'anathèuie et d'exil perpétuel. Quiconque* voudra bâtir une forteresse vers le temps de la trêve sera obligé de commencer quinze jours devant (2). Autrement tous auroient choisi pour se fortifier ces temps où on ne pouvoil les attaquer.
Des débiteurs qui refusent de payer seront excommuniés , et leurs églises interdites jusqu à ce qu'ils satisfassent. Défense de couper les oliviers, parce qu'ils fourniss(»nl la matière du saint-chrème et du luminaire des églises. J^es brebis et leurs pasteurs seront en sûreté en vertu de la trêve en tout temps et en tous lieux. Quant aux églises , on observera une entière paix , et il ne sera permis d'y exercer aucune violence , ni à trente pas à l'entour , ni de rien usurper des biens et des revenus de l'Eglise. Les clercs et les moines, les religieuses et ceux qui les accompagnent sans armes seront aussi en sûreté avec tous les biens des personnes consacrées à Dieu. Défense de piller les marchands et les pèlerins. On joint en ces canons les peines temporelles aux spirituelles, parce que les deux puissances concouroient en ce concile. Environ deux ans après , vingt-deux évêques de la même province et des provinces voisines, avec les archevêques d'Arles et de Yienne, tinrent un concile à Saint-Gilles, où ils firent trois canons pour la confirmation de la paix (3).