XX, C
(2) Chr. Cass. lib. m, c 9, 10.
(3) C. 13. Lambert, an.
lO.W .
vi; m, Episl. 4.
est simoniaque, à mon avis, sans qu'on puisse Texcuser, puisque, nonobstant nos oppositions, c'est-à-dire de tous les évêques cardinaux, et sans avoir égard à nos anathèmes, il a été intronisé de nuit et en tumulte, avec des troupes de gens armés. Ensuite on eut recours aux largesses, on distribua de l'argent au peuple par les quartiers et les rues ; on entendoit par toule la ville forger de la monnoie, et on employoit pour les disciples de Simon le trésor de saint Pierre. Quant à ce qu'il allègue pour sa défense, qu'il a été contraint; bien que je n'en sois pas bien èclairci, je ne veux pas tout-à-fait en disconvenir ; car cet homme est si stupide , que l'on peut croire qu'il n'a pas su ce que l'on machinoit pour lui ; mais il est coupable de demeurer volontairement dans le bourbier où on Ta jeté malgré lui.
Or, pour ne pas m'étendre sur sa promotion, tandis que nous autres évoques cherchions à nous cacher en divers lieux, un prêtre de l'église d'Ostie , qui ne sait pas lire une page, même en épelant, fut enlevé de force par ces satellites de Satan, pour mettre sur le saint-siège celui qu'ils avoient élu. Vous voyez bien, vous qui savez les canons , que ce seul article sufiit pour le condamner. Car s il faut déposer le prêtre qui a fait la fonction d'évêque, que deviendra celui qu'il a ordonné? On pouvoit repondre que Jean étant déjà èvc'que de Vélètri , il ne s'agissoit que de l'introniser, ce qu'un prêtre pouvoit faire.
Pierre Damien rapporte ensuite la défense que le pape Etienne avoit faite de procéder à l'élection avant le retour d'Hildebrand : puis il ajoute, parlant de Gérard : Quant au pape élu , voici ce qui m'en semble : il est sufiisamment lettré, d'un esprit vif, de mœurs pures au-dessus du soupçon, fort aumùnier. Je n'en dis pas davantage pour ne paroître pas aimer le parliculirr plus que le public. Au contraire, si l'autre peut bien expliquer une ligne , je ne dirai pas d'un psaume, mais d'une homélie, je ne résiste plus, et je lui baise les pieds. Quant à ce que vous m'avez mandé de vous écrire secrètement pour ne me pas exposer, à Dieu ne plaise que dans une telle affaire je craigne de souffrir les plus rudes traitements. Au contraire, je vous prie de rendre publique cette lettre, alin que tout le monde sache ce que l'on doit penser de ce péril commun.
Après que le pape Nicolas II eut été élu, il tint conseil avec Hildebrand et avec les cardinaux, de ce qu'il y avoit à faire au sujet de l'anti-pape, et il fut résolu de tenir un concile à Sutri, ville du patrimoine, où l'on ai>pelleroit, non-seulement les évêques de Toscane et de Lombardie, mais k duc de Godefroy et le chancelier Guibert, ce qui lut exécuté sans délai (1). L'anti-pape l'ayant appris, fut touché de remords, quitta le saint-siège, et retourna en sa mais(m ; et quand le pape INi-
(1) GcslaUom. poul.np. JJaron. an. lU5y.
colas en fut bien informé, il tint conseil avec les cardinaux , et alla à Rome avec eux et avec le ducG()defroy,maispaisiblementetsans trouble:
c'étoit au mois de janvier mil cinquante-neuf. Le pape Nicolas fut reçu à Rome par le clergé et le peuple avec l'honneur convenable, et mis dans le saint-siège par les cardinaux, suivant la coutume. Quelques jours après, l'anti-pape Jean, par l'entremise de quelques personnes, vint se présenter au pape ; et se jetant à ses pieds, il protesta qu'on lui avoit fait violence, ne niant pas toutefois qu'il ètoit un usurpateur et un parjure. Le pape leva l'excommunication prononcée contre lui, mais à condition qu'il demeureroit à Sainte -Marie-Majeure, déposé de l'épiscopat et de la prêtrise. Le schisme fut ainsi terminé; mais il restoit au pape une grande peine, que les capitaines établis par les papes retenoient par force la seigneurie de Rome, et les droits de l'Eglise, qu ils avoient usurpés.