XL. Constantin Ducas, empereur
Cependant l'empereur IsaacComnène, étant à la chasse, fut frappé d'un éclair qui h» fit tomber de cheval, écumant et sans connoissance (3). Etant revenu à lui , il crut que cette maladie étoit une punition de ses péchés , et , pour apaiser la colère de Dieu, il renonça à l'empire qu'il avoit usurpé, et prit l'habit monastique. Ce qui fit connoitre la sincérité de sa pénitence, c'est qu'il ne choisit pour successeur ni Jean , son frère , ni son neveu Théodore , ni celui qu'il pouvoit faire son gendre , ni aucun autre de sa famille, mais Constantin Ducas, qu'il crut le mieux instruit des affaires et le plus capable de les rétablir. Isaac ayant délibéré quelque temps, et voyant que sa maladie étoit incurable, c'étoit apparemment le mal caduc, il entra dans le monastère de Studius, encouragé dans cette résolution par l'impéra-
(1) Ap. Baron. Conc p. 1105.
(2) Gesla Pontif. to. 9, (3) Curop. p. 811.
AndeJ.-C. 1059] LIVRE SOIXANTIÈME.
Irice Catherine, son épouse. C'étoit en mil cinquante-neuf. Isaac avoit régné deux ans et Iroi^ mois, et en vécut moins dans le monastère, rendant a 1 abbé toute sorte d'obéissance jusqu a devenir portier et exercer avec humilité toutes les autres fonctions. On le loue entre autres vertus d'avoir été fort chaste pendant toute sa vie. L impératrice, sa femme, et Marie, sa fille, embrassèrent aussi la vie mona st.que. Constantin Ducas fut couronné empereur le vingt-cnquième de décembre mil duquante-neul , et régna sept ans et demi (