L. Autres écrits de Pierre Damien
Pierre Damien se tenoit pour déchargé de l'épiscopat, depuis la renonciation qu'il avoit faite sous iNicolas II, et réitéré sous Alexandre et dès lors il ne prit plus dans ses lettres que la qualité de moine. Dans ses premiers temps après sa retraite, il écrivit une grande lettre aux évéques-cardinaux, où, les regardant comme juges et conseillers du pape dans les conciles, il les exhorte à fuir l'avarice (2) et non-seulement ne pas rechercher de présents mais ne pas même recevoir ceux qu'on leur ofTriroit volontairement, parce qu'ils ne laissent pas de rendre les juges plus favorables à ceux dont ils les reçoivent. Il s'élend sur la malignité de l'avarice, qui ruine toutes les vertus, et rend inutiles toutes les bonnes œuvres Que l'avare, dit-il (3) , bAlisse des églises qu il sjipplique à la prédication, qu'il accorde les dilTerents, qu'il afi'ermisse ceux qui sont chancelants dans la foi , qu'il offre des sacrifices tous les jours, qu'il soit éloigné des affaires séculières , tant que l'avarice le domine elle corrompt toutes ses vertus.
Et ensuite : On commet la simonie, nonseulement en vendant ou achetant les saints ordres, mais en vendant le jugement d'un concile, quoique je ne condamne pas celui qui donne de l'argent pour se faire rendre justice J'ai vu, ajoute-t-il, (4), un de nos confrères
qui se réjouissoit quand le lemps du concile venoit, comme à l'approche de la moisson ou de la vendange, et il avoit des émissaires pour lui adirer de l'argent de coté et d'autre Et
An de J.-C. 1002.