‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1404 sur 2407 · IX. Combat dans l'église à Goslar · texte numérisé non relu

IX. Combat dans l'église à Goslar

I^ même année, il arriva un grand scandale à Goslar, en Saxe, résidence ordinaire du roi. C'étoit une coutume établie depuis longtemps que, dans les assemblées d'évêques , l'abbé de Fulde étoit assis le plus proche de l'archevêque de Mayence; mais Hécilon, évêque d'IIildesheim , prétendoit que dans son diocèse, où étoit Goslar, personne ne devoit le précéder que l'archevêque (4). Il étoit animé, tant par ses richesses, plus grandes que

(1) Ep. 2!

(2; Ep. 22.

l. 9. Conc

av) Ep. i.

ii) I.anib.

an. 10C3.

HISTOIRE DU CHKISTIAUISME.

[Aude J. -G. 1063

celles de ses prédécesseurs , que par le basâge du roi , pendant lequel on faisoit tout impunément. La querelle commença dès le jour de JNoël mil soixante deux, comme on plaçoil les sièges des èvèques pour les vêpres. Les valets de chambre des èvèques dllildesheim et ceux de Yidèrad, abbé de Fulde, en vinrent des injures aux coups de poing, et auroient tiré les épèes si Olbon , duc de Bavière , oncle du roi et protecteur de l'abbè , n'eût interposé son autorité.

Mais à la Pentecôte de l'année suivante, mil soixante-trois , au même lieu de Goslar, et à la même occasion de placer les sièges pour vêpres , la querelle se renouvela , non plus par hasard comme la première fois , mais de dessein prémédité ; car lèvêque d'Hildesheim, piqué de l'affront qu'il avoil reçu, avoit caché derrière Lautel le comte Egbert avec des gentilshommes bien armés, qui, au bruit que firent les valets de chambre, accoururent aussitôt, poussèrent à coups de poing et de bâton les gens de l'abbé de Fuide, et, dans la première surprise , les chassèrent aisément du sanctuaire. Ceux-ci crièrent aux armes, et leurs camarades en ayant pris, vinrent en troupe se jeter dans l'église au milieu du chœur et du clergé qui chantoit, et frappèrent à grands coups d'épée.

Alors commença un combat furieux; l'église ne retentit plus que de cris menaçants ou de voix plaintives; on voyoit couler des ruisseaux de sang et massacrer des hommes jusque sur l'autel. L'évêque d Hildesheim, s'étant saisi d'un lieu élevé, encourageoit les siens au combat, les exhortant à n'être point retenus par respect du lieu, puisqu'ils agissoient par son ordre. Le jeune roi , qui ètoit présent, crioit de son côté pour retenir le peuple, mais on ne l'écoutoit pas. Entin ses serviteurs lui conseillèrent de songer lui-mi-me à la sûreté de sa personne, et à grand peine put il percer la foule pour se retirer dans son palais. Les gens de l'évêque, qui étoient venus préparés au combat, eurent lavantage, et ceux de l'abbé qui avoient été surpris furent chassés de l'église, dont on ferma aussitôt les portes. Les gens de 1 abbé de Fulde , s'étant rassurés et rassemblés, se rangèrent en bataille dans le parvis pour attaquer leurs ennemis au sortir de l'église, mais la nuit termina le combat.

Le lendemain, l'affair. fut exammée avec beaucoup de sévérité ; mais le comte Egbert se justifia facilement par son crédit auprès du roi , dont il ètoit cousin germain : tout le poids de l'accusation tomba sur l'abbé de Fulde. On soutenoit qu'il étoit la seule cause du désordre, qu'il étoit venu à dessein de troubler la cour, puisqu'il avoit amené une si grande suite, et des gens si bien armés. Sa profession même et le nom de moine , odieux en cette cour, lui nuisoit , et il eût été privé de son abbaye s'il ne se fût sauvé à force d'argent, aux dépens du

monastère, dont il épuisa les trésors en cette occasion. Cependant l'évêque d'IlIKIesheim excommunia tous ceux qui s'èloient déclarés contre lui , tant morts que vivants. L'abbé de Fulde , retourné chez lui , eut à soutenir une violente rébellion de ses » oines, irrités depuis long-temps : elle alla si lom , que plusieurs sortirent en procession pour aller porter leurs plaintes au roi , et l'abbé ne les soumit que par la force du bras séculier.

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