X. Eglises d'Allemagne
L'éducation du jeune roi Henri et le gouvernement de l'état étoient entre les mains des évêques , dont les plus distingués étoient Sigefroy , archevtkjue de Mayence, et Annon de Cologne (1). Ils joignirent à eux Adalbert de Brème , tant pour sa naissance et son âge que pour la dignité de son siège; mais, en peu de temps , il gagna tellement l'esprit du roi par son assiduité à lui parler, ses complaisances et ses flatteries, qu'il prit le dessus sur tous les autres prélats , et gouvernoit presque absolument le royaume. H ètoit secondé par le comte Yernher , jeune homme emporté. Eux deux disposoient de tout ; c'étoit d'eux que l'on achetoit les évêchés, les abbayes et toutes les dignités ecclésiastiques et séculières : le mérite ètoit inutile, si on ne leur faisoit de riches présents.
Ils étoient un peu plus retenus à l'égard des évêques et des ducs ; mais, comme ils ne craignoient point les abbés', ils ne les épargnoient point , prétendant que le roi n'a voit pas moins de pouvoir sur eux que sur ses fermiers et ses receveurs. Ils commencèrent par distribuer à leurs partisans plusieurs terres des monastères mêmes, se les féiisant donner par le roi , qui ne leur pouvoil rien refuser. L'archevêque de Brème en prit deux pour sa part, Loreisheim et Corbie en Saxe ; et, pour détourner l'envie, il en fit donner deux à l'archevêque de Cologne , un à celui de 3Iayence , savoir, Sélingstat, Altaha à Othon , duc de Bavière, et Kempten à Rodolphe , duc de Souabe.
XL Concile de Mantoue.
L'antipape Cadaloiis se soutenoit toujours, et il avoit même attiré à son parti Godefroy, duc de Lorraine et de Toscane, qui d'abord lui avoit résisté vigoureusement, et l'avoit chassé de devant Rome. Pierre Damien , l'ayant appris, lui en écrivit une lettre très-forte, le pressant de reconnoître sa faute et de revenir à l'obéissance du pape Alexandre [2). 11 écrivit aussi sur ce sujet au jeune roi Henri , se plaignant de ses ministres , qui sembloient tantôt reconnoître le vrai pape , tantôt prendre le
AndeJ.-C. 1064]