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XII. Pèlerinage à Jérusalem

Pendant l'automne de l'année mil soixantequatre, une grande troupe de pèlerins parfis d'Allemagne pour aller à Jérusalem , ayant à leur tête Sigefroy , archevêque de Blayence , Gunther, évêque de Bamberg, Othon deRaUsbonne, Guillaume d'Utrechtet plusieurs autres

(1) Lib. in,Ep. 0- 'iî> Lanil) an. 10()4. Costa roQlif. up. liarou. an. 1004.

(3) Sup. liv. LX, n. 30.

(4) Pelr. 1. 1, Ep. 10.

r Gesta Pontif. Siglb.

an. 1007.

(2; Lumb. Gcsta Ponlif.

(3) Lamb.

(4 GcsUlPontif.2i, q.l, Audiv.

HISTOIRE l)V CilKlSTIAINlSME.

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personnages considérables ; toute la troupe étoit d'environ sept mille hommes. Etant arrivés à Constantinople, ils saluèrent l'empereur Constantin Ducas, qui régnoit depuis quatre ans : ils virent Sainte-wSophie et baisèrent une infinité de reliquaires. Mais, ayant passé la Lycie, et étant entrés sur les terres des musulmans , ils furent attaqués par des voleurs arabes (1). Leurs richesses, qu'ils affectoient de montrer dans leurs habits et dans leurs équipaj;es, leur attirèrent ce malheur. Car les ho bilan Is, tant des villes que de la campagne, s'amassoieilt à grandes troupes pour voir ces étrangers, et de l'admiration ils passoient au désir de profiter de leurs dépouilles.

Celui qui s'atliroit le plus de spectateurs étoit Gunther, évéque de Bamberg. Il étoit dans la lleur de son âge , de si belle taille et de si bonne mine , qu'on s'estimoit heureux de l'avoir vu. Quelquefois, dans les logements., la foule du peuple étoit si. grande, que les autres éveques l'obligeoient à se montrer au dehors pour les délivrer de cette imporlunilé. Il étoit très-riche, ayant un très-grand patrimoine, outre le revenu de son évèché. Mais il avoit des qualités bien plus estimables, des mœurs très-pures , beaucoup de modestie et d'humilité; il étoit éloquent, de bon conseil et bien instruit des sciences divines et humaims.

Les pèlerins furent donc attaqués le vendredi-saint, vingt-cinquième de mars de l'année mil soixante-cinq, par des Arabes, qui , avertis de leur venue, s'étoient assemblés de toutes parts en armes pour les piller. Les pèlerins, qui avoient aussi des armes, voulurent d'abord se défendre ; mais au premier choc ils furent renversés , chargés de blessures et dépouillés de tout ce qu ils avoient. Guillaume, évéque d'Utrecht, demeura demi-mort, nu et estropié d'un bras. Les autres chrétiens sedéfendoient à coups de pierres , que le liou fournissoit abondamment , songeant moins à se sauver qu'à différer leur mort. Toutefois , ils se retiroient peu à peu à un village qu'ils gagnèrent enfin ; et les évéques occupèrent une maison entourée d'une muraille très-basse et très-foible. Les pèlerins se défendirent si bien dans ce vdlage , qu'ils arrachoient aux ennemis leurs boucliers et leurs épées, et faisoient même des sorties sur eux : ce qui fit prendre aux Arabes la résolution de les assiéger en forme, et de les prendre par famine, les harcelant toutefois continuellement , ce qui leur étoit facile étant environ douze mille. '

Les chrétiens soutinrent leurs attaques le vendredi et le samedi-saint , et le jour de Pâques jusqu'à neuf heures du matin, sans avoir un moment de relâche pour prendre du repos car pour la nourriture ils n'y pinsoient pas ' ayant la mort devant les yeux, outre qu'ils

[ An tic J.-C. 1004.

AndeJ.-C. 1005.]

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