LIVRE SOIXANTE-UNIEME
Cl) Costa Guill. p. 196. Sup. 1. Lvii, n. 35. Acta SS.
(t) Sup. I. L\, n. 54. Ben. Sa;c. 0, par. i, p. 384. (3j Odcric. I.iv, init.Mo- (4) Gesla, p. l'J4. nasl. Angl. t. l , p. 310.
quoitses plus secrètes pensées. Enfin il le tira de l'abbaye du Bec pour le faire abbé du nouveau monastère de Saint-Etienne , qu'il venoit de fonder à Caen (1). La cause de cette fondation fut que le duc Guillaume avoit épousé Mathilde, fille du comte de Flandres, quoiqu'elle fût sa parente. Lanfranc en reprenoit le duc, et le pape mit pour ce sujet toute la Normandie en interdit. Lanfranc alla à Rome, et fit entendre au pape Nicolas II l'inconvénient de cette censure , parce que le duc ne pourroit se résoudre à quitter la princesse qu'il avoit épousée, tant par l'affection qu'il lui portoil, qucî par la crainte de s'atlirer une guerre de la part du comte de Flandres. Le pape, touché de ces raisons, accorda dispense pour la validité de ce mariage, à condition que le duc et la duchesse fonderoient chacun un monastère.
Ce fut donc en exécution de cet ordre du pape que le duc Guillaume fonda deux monastères à Caen, l'un d'hommes pour lui en l'honneur de saint Etienne , l'autre de femmes pour la duchesse, son épouse, en l'honneur de la sainte trinité. L'un et l'autre subsistent encore. Celui de Saint-Etienne fut fondé en mil soixante-quatre, et Lanfranc, à la prière du duc et des seigneurs, en fut le premier abbé. Il y attira un grand nombre de bons sujets , et y établit une observance très-exacte. Mais le plus célèbre de ses disciples fut Guillaume, fils de Rabord , évêque de Sées , qui fut le second abbé de Saint-Etienne de Caen, et depuis archevêque de Rouen.