‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1437 sur 2407 · XL. Jean Xiphilin, patriarche de Constanlinople · texte numérisé non relu

XL. Jean Xiphilin, patriarche de Constanlinople

Cependant le pape Alexandre envoya un légat à Constantinople, vers le nouvel empe-

(1) Lamb.

AiidcJ.-C. 1071.

reur, IMichel Parapinace. Constantin Lucas éloit mort dès l'an mil soixanltvsept, au mois d(» mai, après avoir régné sept ans et demi, et en avoir vécu un peu plus de soixante (1). 11 aimoit tellement les lettres, qu'il eut souhaité qu'elles eussent rendu son nom célèbre, plutôt que la dignité impériale. De sa femme Eudoxie il laissa trois fils, Michel, Aiidronic et Constantin ; et se voyant prés de la mort, il fit dresser un acte où tous les grands souscri\irenl, portant qu'ils ne reconnoilroient point d'autre empereur que ses enfants ; l'impératrice Eudoxie promit aussi de ne se point remarier, et celle promesse fui mise en dép4U entre les mains du patriarche; c'étoil Jean Xiphilin, natif de Trébisonde, qui éloil en grande réputation pour sa doctrine , sa capacité dans les affaires et sa vertu. Dès sa jeunesse, il embrassa la profession monastique , mena assez long-temps la vie d'anachorète sur le mont Olympe; et ce fut malgré lui qu'après la mort de Constantin Lichoudés , il lut mis sur le siège patriarcal en mil soixante-six , comme en étant le plus digne. Xiphilin est fameux par son abrégé de 1 histoire de Dion Cassius.

L'impératrice Eudoxie régna donc avec ses trois fils le reste de Tannée mil soixante-sept, pendant laquelle les Turcs Seljouquides firent de grands progrès, profitant de la foiblesse des Iroupes romaines , qui manquoienl de paye et de vivres. Les Turcs, commandés alors par Olub-Arselan , s'avancèrent dans la Mésopotamie, rArménie, et jusqu'à Cesarée de Cappadoce, pillant et brûlant tout ; ils pillèrent, entre autres, l'église de Samt-Rasile , qu'ils profanèrent, et en ôlèrenl tous les ornements ; mais ils ne purent toucher à ses reliques, parce que son tombeau étoit environné d'une trèsforte maçonnerie (2) ; seulement ils emportèrent les petites portes des ouvertures qui y éloient , parce que ces portes étoient ornées d'or, de perles et de pierreries.

Pour arrêter leurs progrès , on vit bien à la cour de Constantinople qu'il falloil un empereur capable de commander en personne les armées. L'impératrice choisit Romain , fils de Diogène, qui étoit vestarque, c'est-à-dire maître de la garde-robe. Elle le fit venir à Constantinople, et le jour de Noi'l la même année mil soixante-dix-sept, elle le déclara maître des offices cl général des armées. Elle vouloit aussi l'épouser et le faire empereur , mais elle craignoit le sénat et le patriarche, qui gardoil sa promesse de ne se point remarier. 11 fallut donc user d'industrie. L impératrice envoya au patriarche un eunuque , son confident, qui lui dit en secret, qu'elle vouloit épouser Bardas ; c'étoil le frère du palrianhe, qui étoit un débauché , ne songeant qu'à son plaisir. L'eunuque dit donc au patriarche qu'il ne tcv noit qu à lui de faire son frère empereur, en

(1) CuroïKil. p. 817, D. (2) P. 819.

An de J.-C 1072 1

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