‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1438 sur 2407 · LIVRE SOIXAjNTE-LISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXAjNTE-LISIÈME

suDorimant cette promesse injuste et contraire souffrant ses maux avec une grande patience, aux lois ; et, comme il vit qu'il donnoit dans Le jeune Michel, surnommé Parapinace, régna \o nié^e il lui conseilla de prendre l'avis des six ans et demi.

sénate rs. Le patriarche les fit venir l'un aorés l'autre, et leur exagéra l'injustice de

Ce fut à lui que le pape Alexandre envoya pour légal Pierre, évéque d'Anagnia, célèbre

cette promesse, et la nècessilé d'avoir un hom- par sa vertu el pfir sa doctrine, qui demeura

me de mérite pour empereur ; enfin, il les gagna tous, soit par persuasion, soit par présents. Mais quand tout fut bien dispose , Romain Diogène entra de nuit bien armé dans le palais, et épousa l'impératrice ; puis il fut déclaré empereur le premier jour de janvier, indiclion sixième, l'an du monde six mil cinq cent soixante-seize , de J.-C. mil soixante-huit. Celte action du patriarche Xiphilin montre ce que l'on diût croire des louanges générales de vertu que lui donne l'historien Jean Scylilzes, curopalate.

XLL Romain Diogène pris par les Turcs.

Romain Diogène fit la guerre aux infidèles avec quelqu'avantage, les deux premières années de son régne. Mais en six mil cinq cent soixante-dix-huil, indiction huitième, qui est l'an mil soixante-dix, les Turcs poussèrent leurs conquêtes en INatolie, et prirent enlr autres Chones , autrefois Colosses en Phrygie, où ils profiinèrenl l'église fameuse de Saint- Michel , la remplirent de sang et de carnage, et en firent une écurie. L'année suivante , mil soixante-onze, Diogène, après avoir refusé la paix que le sultan Olub-Arselan lui offroil, fut pris dans un combat où son armée fut mise en déroule (1). Le sultan se l'étant fait amener, se leva el le foula aux pieds selon la coutume.Puis, l'ayant fait relever , il l'embrassa, et le traita très-humainement, et le retint huit jours, h; faisant manger avec lui. 11 lui demanda un jour : Si lu m avois pris , comment m'aurois-tu traité ? Diogène lui répondit franchement : Je l'aurois fait mourir sous les coups. Le sultan répondit : Et moi je n'imiterai pas la dureté. Car j'apprends que votre Christ vous a commandé la paix et l'oubli des injures. En effet , il fit avec Diogène un traité honnête, et le renvoya.

Mais la nouvelle de sa défaite étant venue à Constantinople, le césar Jean Ducas , frère du défunt empereur, et les sénateurs de son parti, firent raser l'impératrice Eudoxie, et l'envoyèrent en exil dans un monastère qu'elle avoit fondé , déclarèrent seul empereur Michel Ducas, son fils aîné , et écrivirent partout que Romain Diogène ne fut plus reconnu pour empereur (2). 11 fut pris à son retour, el, quoique trois archevêques eussent été envoyés pour promettre qu'on ne lui f(»roit point de mal , on lui arracha les yeux si cruellement , que sa télé enlla, les vers s y mirent, et il mourut en peu de jours , bénissant Dieu et

(1) Curop. p. 834, 841. (2) P. 8i3.

un an a Constantinople , c'est-à-dire tout le reste du pontificat d'Alexandre (1). Pierre naquit à Salerne, de la famille des princes, et y embrassa dès son enfance la vie monastique. Le cardinal Hildebrand, étant venu légat à Salerne, le demanda à son abbé, et Temmena à Rome, où le pape Alexandre l'employa aux affaires ecclésiastiques, el le fit ensuite évéque d'Anagnia malgré sa résistance. H gouverna cette église quarante-trois ans, et mourut le troisième d'août , jour auquel l'Eglise honore sa mémoire, en exécution de la bulle de canonisation donnée par le pape Pascal II, le quatrième de juin mil cent neuf (2).

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