XLV. Discipline monastique
(1) Opusc. X, Praîf. et (S) Opusc. xr, c. 5, 6,7- \ cap. 7, 2, 6, i, 5, 3, 7. (3) Opusc. xxxix, c. i, 4,
(1; Opusc. Liv. Sup. lib.
Ux, n. as, n. 7i, c. 4.
Opusc, LV.
(i) Opusc. XLi, c. 1.
Dans un autre ouvrage, il se plaint que la corruption des mœurs n'a pas seulement infecté les séculiers , mais les moines mêmes. Nous, dit-il (1), qui nous glorifions d'avoir renoncé au monde, pourquoi retournons-nous aux biens que nous avons méprisés pour l'amour de Dieu ; pourquoi recherchons-nous contre toutes les lois divim^ et humaines ce qu'elles nous permettoient de posséder quand nous l'avons quitté? Mais, dira quelqu'un de ces moines propriétaires, je garde très-peu d'argent et seulement pour la nécessité; je ne reçois rien des biens du monastère, si je me défais du peu que j'ai , comment vivrai-je.? Pierre Damien répond : Le monastère vous doit fournir vos besoins en espèce, non pas en argent; un habit, par exemple, pour les vêtir aussitôt. Que n'en usez- vous de même à l'égard de ce que vous recevez du dehors? que ne l'employez-vous à vos besoins au lieu de le garder en argent ?
Après le vice de propriété, il attaque l'inquiétude des moines et leurs fréquents voyages. Quelques-uns, dit-il, quittent le monde pour en éviter l'agitation et trouver du repos dans un monastère ; mais , quand ils y sont , l'inquiétude les prend, et ils s'imaginent être en prison. Les séculiers en sont scandalisés et détournés d'embrasser la vie monastique. Car, disent-ils, qui étoit plus fervent qu'un tel lorsqu'il est entré dans le monastère ? il a déjà oublié ce qu'il a promis, et ne respire que l'esprit du siècle; il est plus du monde que moi sous un autre habit. Celte inquiétude attire toute sorte de relâchements. Un moine en voyage ne peut jeûner, les honnêtetés pressantes de ses hôtes ne le permettent pas ; souvent même il ne garde pas la mesure de la sobriété, de peur de passer pour incivil ou pour hypocrite (2). Les discours de ceux qui l'accompagnent l'empêchent de psalmodier avec attention. 11 ne peut chanter la nuit, parce qu'il n'est pas seul ; ni faire des génuilexions , parce qu'il est fatigué ; ni garder le silence, parce qu'il se trouve souvent en nécessité de le rompre. Il est trop dissipé pour s'appliquer à la lecture ou à l'oraison ; il voit souvent des objets dangereux pour la chasteté, du moins de l'esprit; les contre-temps fréquents l'exposent à des mouvements d'impatience, et à des paroles qu'il faut ensuite expier par des larmes. S'il prêche ceux au milieu desquels il se trouve, la vaine gloire l'attaque ; s'il garde le silence, il s'accuse d'être inutile au prochain. Mais , quand il rentre dans sa cellule , tout ce qu'il a vu et tout ce qu'il a ouï se présente en foule à son imagination, principalement quand il veut s'appliquer à la prière ; et plus il fait d'efforts pour chasser ces images importunes , plus il en est inquiété. Enfin , le moine qui
(1) Opusc. XII, c a.
(%^ C. 9, le.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[Ande.l.G-10:2.
AndcJ.-C. 1072.1