‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1448 sur 2407 · L. Saint Annon rentre en faveur · texte numérisé non relu

L. Saint Annon rentre en faveur

Après la mort d' Adalbert, archevêque de iJrerne , saint Annon , archevêque de Cologne , reprit en Allemagne la principale autorité (1); car le roi Henri, étant venu à Utrecht célél»';er la pàque, qui étoit le huitième d'avril en "ni soixante-douze, y reçut de grandes plaintes d<'s injustices qui se commettoient par tout son r()yaume, de 1 oppression des innocents et des 'yibles, et du pillage des églises et des mona- ^ ères. Touché de ces désordres, ou fatigué des Jlarneurs du peuple, il pria l'archev^ue de Pologne de prendre sous lui le soin de l'état, lous les seigneurs joignirent leurs instances ^ eelles du roi ; mais Farch(ivêque résista long- '''nips. Il se sou venoit des mauvais traite- '"♦nts qu'il avoit reçus; et d'aiUeurs, étant ^ut occupé de Dieu, il avoit peine à s'embarrasser d'affaires temporelles : il céda toui^'lois au bien public et au désir unanime du j;oi et des seigneurs. On s'aperçut bientùt de ce changement : la violence fut'rèprimèe, la justice reprit le dessus, et le saint archevcVïue parut n'être pas moins digne de la royauté que "U saaTdoce.

(^) Laml>erl.

les archevêques de Cantorbéry avoient eu la pnmatie sur toute la Grande-Bretagne et l'Irlande (2) ; qu'ils avoient souvent célébré des ordinations d'évêques et des conciles dans la ville même d'York et dans les lieux voisins , où il leur avoit plu ; qu'ils avoient appelé les archevêques d'York à ces conciles , et , quand il avoit été besoin, les avoient obligés à rendre compte de leurs actions. Quant aux évêques de Dunelme et de Licefeld , que Farchevêque I d York prétendoit n'être point soumis à celui de Cantorbéry, il fut prouvé que , pendant ces cent quarante ans, ils avoient été sacrés et appelés aux conciles par les archevêques de Cantorbéry, qui en avoient même déposé quelquesuns par l'autorité du saint-siège.

On lut plusieurs conciles célébrés en divers temps par les archevêques de Cantorbéry, qui tous contenoient des preuves de leur primatie. On lut les élections et les ordinations des évê^ ques dont il étoit question , contenant les protestations par écrit de leur obéissance à l'église de Cantorbéry. Tous les assistants rendirent témoignage qu'ils avoient vu et ouï-dire de leur temps les mêmes choses que contenoient ces écrits. On lut dans l'histoire que, lorsque l'Angleterre étoit divisée en plusieurs petits royaumes, un roi de JVorthumber, où est située la ville d'York , en ayant vendu l'évêché, fut cité au concile pour cette simonie par Farchevêque de Cantorbéry; que, n'y voulant point comparoîlre, il fut excommunié, et que toutes les églises de ces quartiers s'abstinrent de sa communion jusqu'à ce qu'il se fût présenté au concile, qu il eût avoué et réparé sa taute. Enfin on lut les privilèges et les autres lettres des papes saint Grégoire, Boniface,

Honorius,yitalien,Sergius,Grégoire,LéonIx' écrites en divers temps aux archevêques de Cantorbéry et aux rois d'Angleterre • car les

(1) Sup. n. 36. Lanfr.

Epist. 3, et to. y, Conc. p. 1211,1213. ^

(2) Sup. I. XXXVI, n. 40:

Page 1